Lettre à ma soeur ( suite et fin)
Les vacances 2007 ont été bien animées avec plus d'une dizaine de mariages célébrés avec faste et joie. L'orchestre phare de Tsembéhou, Wudjama Music, a égayé les Tsembéhouens d'Anjouan et ceux de Mayotte. Il s'était rendu dans cette île de Mayotte pour la troisième fois. Un exploit ! Notre équipe de football, Etoile Filante, après un début difficile se maintient quand même bien en division d'honneur. La place publique est cimentée et l'après-midi des dizaines de personnes se réunissent tout autour pour tuer le temps.
Je sais que tu m'attends à ce que je te parle de la mosquée. Comme toi beaucoup de Tsembéhouens sont très fièrs de cette construction. C'est une très belle réalisation. Plus de deux cents millions de nos francs y sont dépensés et ce n'est pas encore terminé. Pour l'instant l'essentiel est fait : Poteaux, béton, claustras, courbes décoratives. Tout est bien apprécié par les passants et les fidèles. Pour certains c'est la réalisation du siècle. Une belle architecture qui ne laisse pas indifférents ceux qui la visite pour la première fois. Son grand mérite, à mes yeux, c'est la rapidité avec laquelle ce travail a été réalisé. En moins d'un an. De quoi à faire rougir d'autres musulmans anjouanais qui ont commencé la construction de la mosquée de vendredi bien avant Tsembéhou.
Je peux te dire que l'apport de la diaspora a été catégorique. Surtout celle de Maoré. Mais celles de France et de Ngazidja n'ont pas manqué à leur devoir. Deux hommes ont marqué de leur empreinte la réalisation de ce monument. Il s'agit de Baha Bacar mieux connu sous le nom de Hadj Madi Assane (Photo). Il est le président de l'association Wuvoimoja Wa Tsembéhou. C'est une association qui rassemble la communauté tsembéhouenne résidant à Mayotte. Le second c'est Hadj Issoufi Boina. Pour ne pas faire des jaloux, je ne vais pas te citer d'autres hommes et femmes qui se sont donnés plus que les autres. Les Tsembéhouins se sont soulevés comme un seul homme et ont réalisé cette merveille.
Tu sais, Tsembéhou voit toujours les choses en grand. C'est vrai je n'exagère pas. Tu veux des exemples. La mosquée est grande avec des courbes de plusieurs centimètres d'épaisseur; un rez-de-chaussée et bientôt un deuxième étage. Tu te rappelles du Foyer des Jeunes, dont les travaux de construction ont débuté en juillet 1988, c'est le plus grand et le plus beau d'Anjouan. La mairie, tu en as déjà entendu parler. Sinon je suis certain que tu as lu quelques articles dans le site Internet www.tsembehouinfo.net . C'est la plus grande des mairies de l'île. Plus intéressant encore, les Tsembéhouens sont les seuls jusqu'alors à construire un bâtiment pour loger les services de la mairie. Je ne te parle pas des châteaux d'eau et du réseau de l'adduction d'eau de Hambaje. Tu connais déjà quelque chose. Tu sais aussi que le pont de Hassandzé est le plus grand du pays et que la rivière Tratringa qui passe à côté de la ville est la plus longue des Comores. Tu veux que je continue, alors sache que Tsembéhou se situe sur le pied du mont le plus élevé de l'île, le Ntringui ( 1595 m ) et le plus grand lac d'eau douce, le Dzialandzé sur le flanc du Ntringui (à 1000 m d'altitude). Tu vois que je n'exagère pas. La plus grande Cuvette du pays, c'est à Tsembéhou. D'ailleurs prends une carte de l'île et essaie de mesurer tu verras que Tsembéhou se trouve presque à égale distance entre les trois presqu'îles de Jimilimé, Sima et Nyumakélé. Si tu n'es pas convaincu rappelle-toi que dans la Cuvette il y a trois villages. Drindri Chandra et Tsembéhou. Ta ville natale se trouve au milieu et à égale distance entre les deux autres localités. Elle est au cœur de l'île.
Cette fois je vais exagérer un peu et te dire que dans ses records, Tsembéhou se présente comme l'une des communautés les plus dynamiques du pays. Les activités d'intérêts communautaires réalisés ces vingt dernières années sont là pour témoigner de ce dynamisme. Dans son livre de records Tsembéhou enregistre aussi l'une des premières radios libres du pays (radio Tumpa le 13 avril 1991), la première plus grande antenne parabolique de l'île ( 3,70 m ), {1993}, le premier site Internet consacré à l'actualité de la ville (le 3 mars 2004.)
Ta ville fait aussi partie des sept villes les plus peuplées du pays. Derrière Moroni, Mutsamudu, Domoni, Mamoudzou, Ouani, Fomboni.
Tsembéhou voit les choses en grand parce qu'elle n'est pas petite.
Parmi les événements qui auront marqué l'année 2007 il y a aussi l'accueil que les Tsembéhouens avaient réservé au président Sambi en janvier 2007 (photo). C'était spectaculaire. Ses compagnons et lui ont été très impressionnés. Il était venu poser la première pierre de la construction du Mihrab (la niche) de la grande mosquée.
Le lycée s'est agrandi de quatre salles de classe. Les radios Tonic FM et Tsembéhou FM ont tenu malgré les conditions de vie difficile. Tsembéhou TV et Radio Télé Tumpa ont continué à offrir à leurs téléspectateurs respectifs des programmes variés. Tu sais Tumpa vient de se payer le luxe le construire en un temps record un local à l'étage. Ils sont courageux, n'est-ce pas ?
Je ne peux pas me permettre de terminer cette lettre sans avoir une idée sur les grands hommes et femmes qui nous ont quittés en 2007. J'évoquerai en passant Hadj Baha Echat Dalla, Mwe Mzuri, Maha Soifia Maoudjoudi, Maha Houmadi Tadjiri, Mata, Abdallah M'Hadji (Baha Chamou Angloss), Anglais et bien d'autres. Que Dieu leur réserve une place dans son Paradis.
Prions ensemble pour que l'année 2008 soit pour Tsembéhou et pour les Comores une année de Paix, concorde et prospérité.
Ton grand frère
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