ACTUALITE
 

 

Gouvernement de l'Union

Par Décret n° 06-062/PR, en date du 27 mai 2006, relatif au Gouvernement de l'Union des Comores, le Président de l'Union des Comores, Son Excellence Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, a nommé les membres du Gouvernement :

Les Vice-Présidents de l'Union sont chargés respectivement des fonctions ci-après cités :

  • Vice-Président, chargé du Ministère des Transports, des Postes et Télécommunications, de la Communication et du Tourisme, Monsieur IDI NADHOIM
  • Vice-président, chargé du Ministère de la santé, de la solidarité et de la Promotion du genre, Monsieur IKILILOU DHOININE

Sont nommés Ministres, membres du Gouvernement de l'Union des Comores, les personnes dont les noms suivent :

  •   Ministre des Relations extérieures et de la Coopération, chargé de la Diaspora, de la Francophonie et du Monde Arabe, Monsieur Ahmed Ben Saïd DJAFFAR
  •   Ministre des Finances, du Budget, de l'Economie, du Plan, Chargé de la promotion de l'emploi, Monsieur HASSANI HAMADI
  •   Gardes des Sceaux, Ministre de la Justice, de la Fonction Publique, Chargé de l'Administration Pénitentiaire et des Réformes administratives, Monsieur M'MADI ALI
  •   Ministre de l'Agriculture, de la Pêche, de l'Industrie, de l'Artisanat et de l'Environnement, Madame SITI KASSIM
  •   Ministre de l'Education Nationale, de la Recherche, des Arts, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, Porte-parole du Gouvernement, Monsieur Abdourahim SAID BACAR
  •   Ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de l'Energie, Monsieur Naïlane MHADJI

Campagne électorale : La dernière ligne droite

A une semaine de la fin de la campagne électorale pour les primaires des présidentielles de l'Union des Comores, les candidats et leur staff respectif mobilisent toutes les énergies essentielles afin de ne pas se laisser surprendre. Meetings, réunions d'équipe et le porte-à-porte sont organisés à un rythme qui tient en haleine tout le monde.

C'est effectivement durant cette dernière semaine que tout se joue. Et certains candidats en panne d'idées commencent à utiliser des méthodes pas très catholiques. Le ton du début de la campagne tranche catégoriquement avec les insultes et les attaques de ces derniers jours. Les petites phrases assassines et les flèches bien acérées tombent comme de la pluie.

Tous les candidats dénoncent la corruption des électeurs. Finalement on ignore exactement qui la pratique. C'est vrai que des câbles électriques sont tirés dans certains quartiers, du ciment distribué, du matériel sportif remis à des jeunes et des liasses d'argent promises à des associations. La population mordra-t-elle à cet appât ? Il est encore trop tôt pour répondre à cette question.

Ce qui est certain, c'est que la population reste très mobilisée. Dans tous les différents coins de l'île l'ambiance électorale règne et perturbe quelque peu le calme quotidien de nos villes, villages et hameaux. Le tout dans une ambiance chaleureuse et bon enfant. Cependant cette harmonie risque, dans les jours à venir, de se gâcher car la tension commence au fil des jours à monter. Elle est nourrie par quelques candidats ou leurs partisans.

Tsembéhou dans l'expectative.

Le maire de la commune de Tsembéhou était monté au créneau, le vendredi 7 avril, pour appeler les jeunes adolescents à plus de retenue et de responsabilité. Sur les ondes de Radio Télé Tumpa, Foundi Azihar Abdou a rappelé aux téléspectateurs que «  Démocratie n'est pas synonyme de diffamation ou de mensonge », deux qualificatifs qui pourraient faire l'objet de poursuites judiciaires. Foundi est intervenu ainsi pour rappeler à l'ordre des jeunes qui depuis la veille ne cessent « d'interpeller » certains candidats sur des faits qui, à aux yeux du maire, demeurent sans fondement.

Ce vendredi après-midi, le colonel Halidy Charif avait tenu son meeting à la place publique de Tsembéhou. Alors qu'il s'apprêtait à prendre la parole un jeune garçon, sur le toit d'une maison, à une dizaine de mètres de la tribune, exhibe une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Nous ne votons pas Halidy Charif, responsable des massacres du 2 mars 2003 à Tsembéhou ». De l'avis de beaucoup de ses partisans Tsembéhouens, le colonel Halidy Charif, à cette période était ministre des Affaires étrangères. Il ne faisait pas, alors, partie de l'Etat-Major anjouanais qui avait ordonnait l'intervention militaire à Tsembéhou en 2003.

Le candidat qui avait vu et probablement lu la pancarte n'a pas fait allusion dans son discours à cet incident.

Un incident semblable s'était produit la veille, jeudi 6 avril, lors du meeting de Caabi Elyachroutu Mohamed. Cette fois-ci c'est un adulte qui derrière la foule, mais faisant face au candidat Caabi brandit un placard avec les inscriptions : «  Nous voulons savoir où sont passés les 5 millions destinés au stade de Mtsimbatsy. » Là encore le candidat n'a pas répondu, dans son discours, à cette interrogation qui préoccupait la jeunesse de la ville.

Pour la petite histoire, il y a deux ans, un pays ami des Comores, le Maroc, avait apporté un don pour la réhabilitation des installations sportives à Anjouan. Les régions de Sima, Mutsamudu et Domoni avaient reçu, chacune, 15 millions de francs comoriens. D'après les responsables tsembéhouens de l'Union, de l'époque, il y avait cinq millions qui étaient destinés à la ville de Tsembéhou mais qui étaient évaporés. L'affaire avait fait couler beaucoup de salives et on attribuait la responsabilité de ce détournement à Caabi qui lors de la précampagne avait dit à des jeunes de son camp qui lui avaient posaient la question qu'il répondrait lors de son meeting. Il ne l'a pas fait et des jeunes qui se donnent des airs libéraux ont essayé de le lui rappeler.

Curieusement dans les deux cas, les deux incidents sont salués par une slave d'applaudissements et des cris de joie des jeunes venus nombreux. De nombreux adultes ont déploré ces deux événements. Ils voient, à travers ce geste, des actes de dérapage et d'impolitesse à l'égard de ces hautes personnalités. Pour sa part un journaliste grand- comorien qui représentait une agence de presse y voit une manifestation de démocratie et de liberté d'expression.

Au cœur de la campagne électorale.

De tous les 13 candidats à ces élections, seuls deux d'entre eux n'ont pas de quartier général dans la ville de Tumpa. Il s'agit de Mohamed Ahmed Chamanga(Ouani) et de Abdourahamane Mohamed (Moya). Dans tous les quartiers des banderoles, des affiches et des autocollants embellissent les rues et les murs des maisons et des places publiques. A vrai dire, ce ne sont pas des projets de société, ni des programmes politiques qui lient ces partisans à leur idole. Beaucoup d'entre eux n'en ont pas. D'ailleurs seuls deux candidats sont descendus dans cette arène politique sous l'étiquette d'un parti politique. Il s'agit de Moussa Houmadi du Front Démocratique et de Ibrahim Halidi du Mouvement Pour les Comores(MPC). Les autres sont des candidats indépendants.

Avec ses huit mille habitants, Tsembéhou constitue donc un passage obligé pour tous les candidats. Jusqu'au 8 avril, six d'entre eux ont déjà organisé des meetings. Les autres sont attendus dans les jours qui restent. Les électeurs et électrices ont suivi durant cette campagne les discours de Ibrahim Halidi, Loutfi Addinane, Caabi Elyachroutu, Halidy Charif , Nassuf Ahmed Abdallah et Said Ali Youssouf.

Liste des candidats

Candidats/ lieu de naissance

Né en

Formation

Vice-président Ngazidja

Vice-président Mohéli

Abdourahamane Ben Ali (Moya)

1965

Gestion

 

 

Ahmed Abdallah Sambi

(Mutsamudu)

1958

Droits et sciences politiques

Idi Nidhoim

Ikililou Dhoinine

Chadhouli Abdou (Konki)

1957

DECS

Larifou Said

Chamsoudine Hamidi

Caabi Elyachroutu

(Mutsamudu)

1950

Economie, Banque et Finances

 

 

Ibrahim Halidi ( Hada)

1954

Philosophie

Said Ali Kemal

Omar Hassanaly

Halidi Charif (Domoni)

1961

Militaire

Mohamed Ali Soilihi

Bianrifi Tarmidi

Soulaimane Loutfi (Mutsamudu)

1938

Inspecteur des PTT

Soulé Ahamada

Madi Abasse

Mohamed Ahmed Chamanga (Ouani)

 

Langues et Civilisations orientales

SaidAhmed Toihir

Anrifatilhaïri Allaoui

Mohamed Djanfari (Sima)

1952

Militaire

Said Ali Said

Madi Ahamada

Moussa Houmadi (Mrémani)

1953

Enseignant

Dini Nassur

Amina Mohamed Kaoidja

Nassuf Ahmed Abdallah (Domoni)

1945

Ingénieur Agricole

Boina Boina Housseine

Abdoul-khaffar Mohamed

Nourdine Midiladji(Domoni)

1957

Langues Anglais-Arabe

 

 

Said Ali Youssouf (Sima)

1942

Droit

Kadi Mohamed

Chamsidine Lahilahi

Difficiles pronostics

En vertu du principe constitutionnel de la présidence tournante, le futur président de la république qui sera élu lors des élections générales, fixées le 14 mai prochain, sera anjouanais. Une aubaine pour les politiciens de chez nous qui n'ont pas manqué de sauter nombreux sur l'occasion. Ce sont au total 13 candidats qui disputeront le 16 avril prochain les primaires. D'après les principes constitutionnels les trois premiers seront candidats aux élections nationales de mai prochain. Et ce sont les électeurs anjouanais qui choisiront sur les 13 actuels postulants, les trois candidats qui disputeront le siège de Beit Salam. Après trois longues semaines de campagne, période pendant laquelle les 13 candidats étaient partis à la pêche des voix, l'heure est déjà au premier bilan.

Dans l'ensemble, Tsembéhouinfo constate que la campagne s ‘est déroulée sans trop d'incidents. Certes, il y a eu des altercations à Mutsamudu entre les partisans de Sambi et ceux de Caabi mais elles n'étaient pas de nature à dramatiser la situation. Ailleurs, c'était des jouxtes oratoires inévitables, sous nos contrées, pendant la période électorale.

A Tsembéhou, à quelques heures de la fin de la campagne, à part « l'interpellation par des jeunes » de deux candidats (Caabi et Halidy), il n'y a eu aucun incident particulier. Faudrait-il espérer que le temps qui reste sera géré avec sagesse et sérénité? C'était tout le mal qu'on aurait souhaité à la ville de Tumpa.

Les six premiers candidats, les mieux en vue à Tsembéhou, sont par ordre alphabétique : Ahmed Abdallah Sambi, Caabi, Ibrahim Halidi, Nassuf , Nourdine, Said Ali Youssouf .

Au niveau de l'île, jusqu'à présent aucune institution viable n'a tenté de faire un sondage d'opinion. En conséquence, il est difficile de faire des pronostics. Cependant nous pouvons nous hasarder à penser que Sambi et Ibrahim Halidi, présents depuis longtemps sur le terrain, ont su creuser une avance par rapport aux autres candidats. Toutefois s'ils baissent la garde ces derniers jours ils risquent d'être surpris par des candidats beaucoup plus entreprenants. D'ailleurs, les attaques de ces dernières semaines sont dirigées contre eux. « Sambi, le religieux doit rester dans la mosquée pour les prêches. » Son projet de lutter contre les maisons en paille et en tôle est tourné en dérision par ses concurrents qui le qualifient de « rêveur ».

Pour sa part M. Ibrahim Halidi, soutenu par six partis politiques dont la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC) du colonel Azaly, est l'un des candidats qui reçoivent beaucoup de coups. Ses détracteurs l'accusent d'avoir vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Ils le reprochent d'avoir accepter de remettre à la CRC des postes mirobolants une fois arrivé au pouvoir. Dans beaucoup de ses meetings, il revient sur cette question affirmant que dans leur alliance, il n'y a jamais eu question de partage de postes. Est-il entendu ?

Lors de ces primaires, mise à part les moyens colossaux mis à sa disposition, les six partis dont les bases se trouvent à Moili et à Ngazidja ne lui apporteront pas grand chose, électoralement parlant. Ce soutien sera bénéfique si Ibrahim Halidi arrive à franchir cette étape décisive des primaires.

D'autres candidats ne sont pas à négliger et pouvaient créer la surprise. C'est notamment le cas de Caabi, Nassuf et Mohamed Djanfar ou Midiladji. Pour sa part Moussa Houmadi semble être soutenu dans son Nyumakélé natale, mais faute de moyens financiers, il brille par son absence dans beaucoup de circonscriptions.

Le colonel Halidy Charif, encore populaire dans sa région de Domoni, aurait du franchir sans ambages cette phase primaire s'il avait reçu, comme il a été dit, le soutien du président Mohamed Bacar.

Mais on ne sait par quel tour de main, le président de l'île d'Anjouan est venu apporter son soutien à M. Nourdine Midiladji. Ce dernier a tardivement annoncé sa candidature. Ce n'est qu'à la dernière minute que ses amis ont été informés de sa décision. Ce qui explique qu'il a pris un certain retard sur le terrain électoral. Certes il arrive à peine à combler ce retard, mais pas à un rythme si soutenu comme on s'y attendait. Les meetings qu'il a organisés se comptent sur les doigts d'une seule main. D'après ses partisans, lui, il privilégie le porte-à-porte, la politique de proximité. On saura le dimanche prochain si cette stratégie est payante.

Les candidats et les électeurs sont convaincus que ces élections se dérouleront dans la transparence, la liberté et la démocratie. D'ailleurs une force africaine de 462 militaires et policiers, hommes et femmes venus de huit pays africains est à pied d'œuvre aux Comores et surtout dans l'île d'Anjouan. Ils sont venus pour superviser et sécuriser les opérations électorales. Placée sous le commandement du colonel sud-africain George Koloi Sibanyoni, cette force de la mission de l'Union africaine pour la sécurisation des élections aux Comores (AMISEC)  «  n'est pas une force d'occupation, mais plutôt une force de paix », dira M. Madeira, le représentant spécial du président de l'Union africaine, lors de la cérémonie d'installation de cette force à Moroni le 30 mars dernier. Ce sont en tout 15 millions d'euros qui financent cette mission de sécurisation.

Résultat des primaires à Tsembéhou

 
Bureau I
II III IV V VI VII
Total
Inscrits 529 566 604 582 496 531 400
3708
Votants 387 413 413 383 374 355 299
2624
Nuls 54 11 16 37 17 48 56
239
S.E 333 402 397 346 357 307 243
2385
               
Ahmed Abdallah Sambi 106 130 101 109 92 60 69
667
Nassuf Ahmed Abdallah 19 10 11 17 21 7 3
88
Mohamed Djanfari 16 25 12 10 35 12 3
113
Nourdine Midiladji 23 33 70 36 51 34 34
281
Cambi Elyachroutu 20 23 31 46 39 32 22
213
Said Ali Youssouf 15 15 53 41 3 16 7
150
Halidy Charif 5 11 18 17 20 9 7
87
Chadhouli Abdou 9 6 10 2 6 6 3
42
Ibrahim Halidi 109 141 86 60 97 126 91
710
Mohamed Chamanga 1 3 0 1 1 1 1
8
Loutfi Soulaimane 4 2 2 2 3 0 0
13
Moussa Houmadi 4 3 2 2 0 0 0
11
Abdouroihamane 2 0 1 2 0 0 1
6

Résultats provisoires complets

INCRITS
AJOUTS
VOTANTS
NULS
SUFFRAGES EXPRIMES
114159
3
68326 (59,85%)
3098
65228


Candidat
Voix
Pourcentage
Classement
Abdourahmane Mohamed
1141
1,75%
12
Ahmed Abdallah Mohamed
16973
26,02%
1
Caabi Elyachroutu Mohamed
6949
10,65%
4
Chadhouli Abdou
2121
3,25%
9
Halidi Abderemane
9329
14,30%
3
Halidy Charif
3347
5,13%
7
Loutfi Soulaimane
1294
1,98%
11
Mohamed Ahmed Chamanga
960
1,47%
13
Mohamed Djaanfari
9419
14,44%
2
Moussa Houmadi
1367
2,10%
10
Nassuf Ahmed Abdallah
3661
5,61%
6
Nourddine Midiladji
5838
8,95%
5
Said Ali Youssouf
2829
4,34%
8

LE TRIO DE TETE:
Ahmed Abdallah Mohamed
16973
26,02%
1
Mohamed Djaanfari
9419
14,44%
2
Halidi Abderemane
9329
14,30%
3