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Une nouvelle mosquée de Vendredi pour Tsembéhou

L'idée de construire une nouvelle mosquée de Vendredi à Tsembéhou fait bien son chemin. Et si tout se passe comme prévu, le chantier débutera avant la fin de l'année. L'actuelle mosquée sera démolie et sur les lieux sera érigée une nouvelle. Une délégation de quatre personnes, membres de l'association Ouvoimoja Wa Tsembéhou, est arrivée à Tsembéhou le mercredi 18 mai pour étudier ensemble avec les autorités locales et la communauté les voies et moyens pour la réalisation de ce chantier. La délégation maoraise est composée du président Madi Assani, du trésorier Ali Hadhur Fadhula, de Foundi Toilibou et de Soulaïmana Allaoui était accueillie à l'aéroport par le ministre Ali Nadji, le maire Azihar Abdou, son secrétaire Halima Billet, Nourdine Djaza et Mohamed Boudouri. Elle séjournera pendant une semaine, période pendant laquelle elle s'entretiendra avec les différentes catégories socioprofessionnelles de la ville avant de poser les jalons de ce grand chantier. Ouvoimoja Wa Tsembéhou est une association communautaire qui a son siège à M'tsapéré et qui rassemble tous les ressortissants tsembéhouens de Mayotte. C'est cette association qui financera les travaux de construction de cette mosquée.

Elle comportera un étage et un minaret long d'une vingtaine de mètres. « Une mosquée moderne à l'image de Tsembéhou d'aujourd'hui » précise M. Dhoimir Houmadi, l'ingénieur qui a établi les plans. La construction d'une nouvelle mosquée s'impose. Celle qui existe est construite il y a plus de trente ans. Elle s'avère trop exiguë surtout pendant la prière de Vendredi, d'Ide et de Maoulid. Tous les vendredis, il se trouve toujours des fidèles qui prient sur les vérandas et sur la route. Quand on sait que Tsembéhou se situe dans la zone la plus arrosée de l'archipel, on comprend facilement les soucis et les préoccupations de certains fidèles retardataires lorsqu'il pleut. Ainsi, l'idée d'agrandir cette mosquée a toujours préoccupé les habitants. Pour certains, la minorité, il serait économique de construire directement un étage puisque les murs actuels sont encore solides. D'autres par contre, la grande majorité, estiment qu'il est judicieux de construire un beau et nouveau bâtiment sur des bases solides. Le débat est lancé. La seconde tendance a toutes les chances de l'emporter.

Ouvoimoja Wa Tsembéhou ou Quand la diaspora s'engage

Ouvoimoja Wa Tsembéhou(OWT) est une association regroupant des hommes et des femmes originaires de Tsembéhou qui résident à Mayotte. Ses objectifs aussi nombreux soient-ils pourraient se résumer en une phrase : « développer l'esprit de solidarité entre les personnes membres et participer activement au développement de la ville de Tsembéhou ». Composée d'un bureau exécutif, d'un conseil d'administration et d'une assemblée générale l'Association dispose également des structures dans les différentes régions de Mayotte. L'OWT demeure très active depuis sa création officielle en 2002. Certes l'association existe depuis longtemps. Elle intervenait surtout dans le domaine religieux, participait aux travaux de construction des Mosquées à Tsembéhou. Par le passé, elle avait fourni pour les mosquées des tapis, des hauts – parleurs, un groupe électrogène etc.

Cependant, depuis trois ans, cette association a pris une nouvelle envergure. L'assemblée générale du 10 mars 2002 a constitué un tournant historique. Les participants avaient décidé de moderniser l'association, de la doter d'un cadre juridique avec ses statuts et règlements intérieurs dûment enregistrés à la Préfecture de Mayotte. Le champ d'action de l'association devenue depuis ce jour « Ouvoimoja Wa Tsembéhou »( Tsembéhou Unie) est élargi. L'OWT constitue désormais une grande force qui rassemble presque la totalité de la communauté tsembéhouenne résidant dans l'île. Elle intervient pour soutenir ses adhérents en cas de décès, d'incendie ou de maladie grave constatée par un médecin. Depuis mars 2002, l'OWT mobilise de plus en plus de gens lors d'un décès d'un de ses membres. Les Tsembéhouens de Mayotte, devenus désormais une seule et même famille, participent massivement aux festivités et à l'organisation des cérémonies de mariage. Elle organise périodiquement des pique-niques et des danses de Tari sur le sol maorais. Ces activités qui ne passent pas inaperçues avaient suscité beaucoup d'envie. D'autres communautés comoriennes résidant à Mayotte avaient tenté l'expérience. Rares sont les associations communautaires qui avaient survécu au bout d'un an d'exercice. Intéressés par le dynamisme, l'harmonie et la convivialité au sein de OWT des ressortissants d'autres localités ont demandé et obtenu l'adhésion dans cette association.

En trois ans d'existence, l'apport de l'OWT à la ville de Tsembéhou demeure inestimable. Dans le domaine de l'éducation, elle a apporté un concours sans précédent. Lors de la construction des six salles de classe de l'école primaire de Hamoudou, en 2002, cette association avait fourni une enveloppe de 750.000 francs comoriens. La même année elle a doté de fournitures scolaires à tous les élèves des écoles primaires de Tsembéhou. L'année suivante, elle a offert un lot de plus de 2000 ouvrages scolaires au CLAC (Centre de Lecture et d'Animation Culturelle) de Tsembéhou. A son actif on peut aussi noter la réhabilitation de la partie médecine du Centre de Santé de la ville. Lors de la construction du réseau d'adduction d'eau de Hambajé qui a coûté 16 millions de francs comoriens, les « Wamaorais » comme on l'aime les appeler ici ont apporté une enveloppe de 7 millions. La liste est longue. L'un des grands mérites de l'OWT est d'avoir favorisé, d'une certaine façon, l'émergence d'un esprit d'unité au sein des Tsembéhouens d'Anjouan. Qu'on le veuille ou non, l'OWT a influencé à sa manière la prise de conscience de Tsembéhouens. En 2002, la ville de Tumpa était divisée. Le sectarisme avait atteint des proportions jamais inégalées. Faudrait-il croire que la crise séparatiste qui avait secoué le pays, en cette période, était passée par Tsembéhou. Les relents de ce sectarisme étaient même ressentis dans la communauté tsembéhouenne de Mayotte. Assurément la création de l'OWT a permis aux esprits des uns et des autres de s'adoucir.

La délégation de quatre personnes arrivée cette semaine à Tsembéhou apporte un autre message de paix, de sérénité et d'espérance. Tsembéhou va construire une nouvelle mosquée de Vendredi. L'idée est ingénieuse. C'est un autre vaste chantier qui va s'ouvrir à un moment où la construction de la Mairie n'est pas encore achevée. Mais rassurez-vous. Les deux chantiers évolueront sans contrainte. Cela fait aussi partie du courage et du mystère tsembéhouen.

Le téléphone à Tsembéhou, une réalité

La SNPT( Société Nationale des Postes et Télécommunications) effectue des branchements téléphoniques depuis le début de ce mois de mai 2005. Ce privilège appartient d'abord à ceux qui disposent actuellement d'un appareil téléphonique. Une fois les frais de branchements payés( 42.500 francs comoriens), la SNPT opère à l'installation de la ligne Déjà une vingtaine de volontaires, qui ont acheté eux-mêmes leur appareil, sont branchés sur le réseau. Pour l'instant la direction de la SNPT n'a pas dit si elle rembourse les appareils aussitôt que les siens, commandés, il y a plusieurs mois, arriveront. Autrement pourquoi elle ne déduit pas le prix de l'appareil fourni sur le montant de sa facture. Cette option aurait encouragé bien des gens à installer, dès à présent, le téléphone.

Peu importe, déjà une vingtaine de personnes a accepté ce marché. Ce qui avait fait dire à certains observateurs qu'effectivement les Tsembéhouens avaient vraiment soif de ce téléphone fixe. Ce dernier est venu un an après le téléphone portable dans la ville. Une fois encore, l'arrivée du téléphone fixe va certainement changer quelques habitudes de la population. La joie se lit sur les visages. Les premiers à se réjouir de cet événement ne sont autres que les responsables de votre site tsembéhouinfo. Le téléphone à Tsembehou constitue un atout majeur qui favorisera notre façon de travailler. Dans un premier temps, les mises à jour ne seront plus hebdomadaires mais plutôt bihebdomadaires. Et dans un avenir proche, elles seront quasi quotidiennes.

En entendant, nous nous préparons pour ce changement significatif.