Commune de Tsembéhou
Une équipe dynamique à l'œuvre
Aussitôt investie de ses fonctions, la nouvelle équipe à la mairie de Tsembéhou a pris ses activités à bras le corps. Au-delà de ses activités administratives, la nouvelle équipe se consacre beaucoup aux travaux de construction de la mairie. Le chantier avance à grand pas. Le terrain déblayé, les briques posées et les poteaux scellés, on procédera bientôt au béton qui couvrira le rez-de-chaussée. Ici se trouvent surtout concentrées la salle de réunion (72 m²) et trois pièces qui totalisent une soixantaine de mètres carrés.
D'après M. Dhoimir Houmadi, l'ingénieur qui s'occupe du chantier, les bureaux de la mairie seront installés à l'étage qui s'étalera sur quelques 144 m².
A part quelques ouvriers qualifiés qui bénéficient d'un salaire, les autres travailleurs sont des volontaires qui à longueur des journées se relaient. Ils sont nombreux, ces volontaires et parmi les plus fidèles, l'on peut citer M. Djanfar Bahari dit Karaté, Houmadi Allaoui, Issoufi Djifou, Bwana Bwana, Boudouri, Djilé , Dédé Nadjibou etc. D'autres sont toujours là les week end.
Le président Mohamed Bacar de l'île autonome d'Anjouan, ayant eu vent de ce vaste chantier a manifesté la volonté de venir le visiter. Si tout se passe bien cette visite sera effectuée le 26 septembre prochain. Indéniablement, ce passage du colonel Mohamed Bacar réconfortera l'équipe du député Ali Attoumani et du maire Hadj Azihar Abdou qui, à travers ce chantier, inaugure une nouvelle ère, celle des communautés de se prendre en charge. Dans l'île, beaucoup de gens croient encore qu'il appartient au gouvernement de faire construire les bâtiments qui abriteront les services de la mairie. Il n'est jamais venu à l'esprit des dirigeants des Communes de construire des locaux pour leurs services. C'est pour cette raison qu'à part les trois communes de Sima, Mutsamudu et Domoni qui ont utilisé les bureaux des ex-préfectures, rares sont les communes qui disposent d'un bâtiment approprié. Dans la majorité des cas ce sont des maisons louées qui font office des mairies.
Que les Tsembéhouens construisent eux-mêmes leur mairie, cela pourrait surprendre certaines personnes. Mais ce qui est certain, c'est que cette expérience va faire tâche d'huile. Et la visite qu'effectuera le colonel Mohamed Bacar le 26 septembre prochain donnera un large écho qui ira au-delà de la chaîne des montagnes qui entoure la Cuvette de Tsembéhou.
C'est seulement ce 23 août 2004 qu'a eu lieu à la Mairie la passation de service entre Mme Saendati Baco Bacar, chef de la délégation spéciale et M. Azihar Abdou, le nouveau maire, élu le 4 juillet dernier. Cette cérémonie s'est déroulée dans une atmosphère amicale, en présence de toute l'équipe de la mairie.
En deux mois d'exercice, Mme Saendati Bacar avait remis à son successeur une caisse de 76.000 F. Les recettes réalisées durant cette période totalisaient la somme de 115.000F. Les principales dépenses effectuées ont concerné l'achat des fournitures de bureau, la préparation de la cérémonie d'investiture et le don d'un camion de moellon pour la construction de la Mairie.
Une gestion saine qui tranche avec celle de ses prédécesseurs. A leur arrivée à la mairie, Mme Saendati Bacar et son équipe ont reçu une caisse vide.
Parce qu'elle représentait une délégation spéciale, cette équipe ne percevait d'autres taxes que celles relatives aux paperasses.
Foundi Azihar et Mme Saendati se connaissent parfaitement pour avoir travaillé ensemble près de deux décennies. Recrutés parmi les premiers agents du Centre d'Etat- civil de Tsembéhou, ces deux personnalités se connaissent bien et se respectent beaucoup.
Cette cérémonie de passation de service s'est déroulée une semaine après l'investiture officielle du conseil municipal. Ce sont des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur qui étaient venus procéder à l'investiture. Ils ont été témoins de l'élection, par ses collègues conseillers, de M. Azihar Abdou, maire de Tsembéhou. Il disputait ce poste avec M. Saindou Malidé mieux connu sous le nom de Bourhane Malidé. Le poste de premier Adjoint au maire incombe à M. Ahamadi Soumaela dit Alphonse. Il a battu M. Issoufi Malidé son challenger par 7 voix contre 3.
Rentrée scolaire
Timidement des enseignants ont repris le chemin de l'école le 14 septembre dernier. Certains d'entre eux ont préféré suivre le mot d'ordre de grève lancé par le syndicat des enseignants qui compte protester ainsi contre le retard dans le versement des salaires. Pour leur part, les élèves qui ont encore dans la bouche la saveur des vacances ne se sont pas, non plus, précipités pour regagner les bancs.
Pour briser ce mouvement de grève des enseignants, le ministère de l'Education a procédé à des affectations multiples qui ont surtout frappé les dirigeants syndicaux. Affectés loin des centres urbains, ces syndicalistes auront du mal à coordonner les actions de leur organisation.
A Tsembéhou comme ailleurs, la rentrée n'a pas été effective. On attend la semaine prochaine pour voir clair sur les intentions des enseignants.
Et en attendant les parents s'activent beaucoup. Et comme toujours, c'est la période d'intenses activités. Mobiliser argent, habits et fournitures scolaires donnent toujours du fil à tordre à certains parents et élèves qui ont du mal à joindre les deux bouts de la vie. La rentrée de cette année risque d'être rude. Les fonctionnaires accusent plusieurs mois de salaire impayé, les prix des produits de rente (girofle et vanille) ont connu une chute vertigineuse. Et ce n'est pas tout, on vient de célébrer le lundi dernier la fête de l'Ascension ou Miradj, une fête qui occasionne des dépenses énormes.
A Tsembéhou, la situation qui prévaut dans les établissements scolaires n'est pas assez reluisante. C'est le flottement total. D'un côté, les deux directeurs des écoles primaires de Mtsimbatsy et du Moudriya et celui du collège rural qui ne semblent pas avoir pris les choses à bras le corps. Fervents partisans du clan vaincu lors des récentes élections législatives et municipales, ils craignent qu'ils ne soient remplacés à ces postes de responsabilité.
D'un autre côté, le clan des vainqueurs aux différentes élections, préoccupé par d'autres motivations, retarde à se pencher sur la question. C'est du moins l'avis d'un de leur qui a préféré garder l'anonymat. Pour notre interlocuteur, il est impératif de demander au Ministère de l'Education la nomination d'autres responsables dans ces différents établissements.
Beaucoup de gens estiment que le bilan médiocre que ces trois établissements ont enregistré ces dernières années est le résultat d'une certaine négligence de la part de ces directeurs. Les plus grands griefs que certaines personnes dressent contre ces directeurs c'est d'avoir fait affecter des enseignants dans des zones éloignées de Tsembéhou pour la seule raison que ces derniers n'étaient pas de même mouvance politique qu ‘eux.. En conséquence des classes ont été supprimées, des effectifs renfloués. La compression a touché les trois établissements scolaires de la Commune de Tsembéhou.
Y arrivera-t-il donc un moment où les questions de l'Education de nos enfants seront traitées en dehors des considérations politiques ? Saurait-on placer les hommes qu'il fallait aux postes qu'il faudrait ?
Situation Ecole Primaire
|
Mtsimbatsy |
|
Moudriya |
|
Classes |
Effectifs |
Divisions |
Effectifs |
Divisions |
CP1 |
128 |
3 |
87 |
2 |
CP2 |
124 |
3 |
65 |
2 |
CE1 |
125 |
3 |
60 |
2 |
CE2 |
114 |
3 |
68 |
2 |
CM1 |
130 |
3 |
66 |
2 |
CM2 |
160 |
3 |
105 |
2 |
TOTAL |
781 |
18 |
451 |
12 |
Enseignants
Mtsimbatsy |
15 hommes |
04 femmes |
Moudriya |
08 hommes |
06 femmes |
Situation Collège de Tsembéhou
CLASSE |
EFFECTIFS |
DIVISIONS |
6 è |
322 |
8 |
5 è |
191 |
4 |
4 è |
138 |
3 |
3 è |
154 |
3 |
TOTAL |
805 |
18 |
Un nouveau paysage politique
Les élections législatives et municipales organisées dans l'île les 14 mars et 4 juillet 2004 ont profondément changé le paysage politique tsembéhouen. C'est une véritable révolution qui s'est produite à Tsembéhou. Une nouvelle équipe, composée de jeunes cadres, de personnalités religieuses et de beaucoup de jeunes, a pris en main la destinée de la ville durant les quatre prochaines années.
Cette équipe est animée apparemment de bonne volonté et ne manque pas d'ambition. Son leitmotiv n'est autre que de restaurer la dignité et la fierté tsembéhouennes, bafouées durant ces dernières années.
Le développement de la localité et le progrès social pendant les quatre prochaines années leur tiennent beaucoup à cœur. Cependant les moyens pour réaliser leur ambition restent très limités. Mais c'est une autre paire de manches.
Le grand gagnant de ces élections c'est Tsembéhou tout entière. C'est la raison pour laquelle la joie est immense et réelle. On ne peut certes pas oublier qu'à l'origine de cette victoire se trouvent des hommes et des femmes qui ont fait preuve de sagesse et de magnanimité, qui ont consenti des sacrifices énormes pour que la paix et la sérénité reviennent dans la cité. Les artisans de cette victoire sont nombreux. Et il serait ingrat de ne pas avancer quelques noms. Ce n'est pas par ordre de mérite puisque nous ne sommes pas à mesure de le faire, mais plutôt par ordre alphabétique : Ali Attoumani, Azihar Abdou, Ahamadi Rachidi, Ali Nadjib, Abdou Ahamed, Anli Said, Amir Moustoifa, Anzadi Malidé, Darousse Houmadi, Issoufi Abdallah, Kodo, Mohamed Boudouri, Nourdine Djaza , Simédou, Inoussa Baco, Mohamed Bacar etc.
Des femmes se sont aussi illustrées durant ce combat par leur engagement. Citons au passage, Mmes Nadhoimati, Saendati Bacar, Ondhira Billet, Maha Nabouhane, Maha Said Anli, Hafissoiti Daoud etc.
L'on ne peut que rendre également hommage aux centaines d'inconnus qui, dans l'ombre, ont œuvré pour l'avènement d'une Tsembéhou nouvelle. Après les élections législatives (des îles et de l'Union) et les municipalités, les Tsembéhouens ont fêté cette victoire comme il se doit : Manifestations de rue, congratulations, remerciements, cortège motorisé et musique. Mgodro et Wadaha animés par l'orchestre Wudjama Music à la place publique, un Maoulid à la place de la Mairie et enfin un Tari géant à la place publique animé par les femmes de Tsembéhou.
Comme quoi seuls les Tsembéhouens savent fêter une victoire électorale.
Adieu Nouroi
Plusieurs dizaines d' Anjouanais se sont rendus mercredi 7 juillet à Mutsamudu pour rendre un dernier hommage, à la petite Nouroi, décédée, en France, à l'âge de 21 mois. Son corps arrivé à Anjouan le 6 juillet a été enterré dans le cimetière du Zawiya(au centre de la ville) après la prière de midi.
Les Tsembéhouens se sont illustrés par leur présence massive lors de cette cérémonie funèbre. Des hommes et des femmes, à bord des bus et autres camionnettes ont fait le déplacement pour partager ce moment de douleur ensemble avec les parents de Nouroi arrivés dans un même avion que la regrettée. M. Assadi Ahamadi, sa femme et ses enfants, visiblement très marqués par le choc, ont reçu les salutations des amis et membres de la famille.
Quelques jours plus tard, le 11 juillet dernier, une très forte délégation, d'une quarantaine de personnes, conduite par le nouveau maire et le député Ali Attoumane s'était rendue au domicile de M. Assadi Ahamadi, à Tsembéhou, pour lui présenter ses condoléances. Faisaient également partie de la délégation les 10 conseillers municipaux, le comité de campagne de la liste de Hadj Azihar Abdou et des personnalités religieuses.
C'est le hatub, Hadj Daoud Souf, qui a pris la parole pour présenter à M. Assadi et à sa famille les condoléances les plus attristées de la délégation. Il a prié pour la petite et pour sa famille.
C'était une occasion pour le père de Nouroi de renouveler ses remerciements à la population tsembéhouenne tout entière qui avait pris une part considérable dans la cérémonie funèbre. « En participant très nombreux comme vous l'aviez fait, souligna-t-il, vous avez su rendre honneur à Tsembéhou et aux Tsembéhouens. » Il a aussi exhorté la nouvelle équipe à resserrer les rangs, à retrousser les manches pour relever les nombreux défis qui se présentent devant ces nouveaux élus. Il s'est montré disponible à apporter sa contribution pour le développement de la localité. Pour M. Assadi Ahamadi, l'Education, la Santé et le Sport sont autant de problèmes qui méritent de la part des
Nouveaux responsables de la ville une attention particulière.
Municipalités
Le Maoulid pour fêter la victoire
Pour fêter sa victoire, le maire de Tsembéhou, hadj Azihar Abdou a invité les hommes de la ville à une soirée de Maoulid.Organisée à la place de la Mairie, cette cérémonie a vu la participation de plusieurs centaines de personnes parmi lesquelles le député Ali Attoumani et M.Assadi Ahamadi, fonctionnaire des Nations- Unis. Ce sont d'ailleurs ces deux personnalités qui avaient encadré le Maire sur la tribune officielle.
. Les Tsembéhouens sont venus nombreux en djoho, djouba, boubou et veste ou en boubou tout court pour louer le Seigneur et son prophète qui leur ont donné force et sagesse de changer. Toutes les 600 chaises installées ont été occupées par des invités en tenue traditionnelle de fête. La belle place de la Mairie a été minutieusement aménagée. Le décor était impeccable.
Les conseillers au grand complet et le Comité de campagne, principaux organisateurs de cette fête, se sont longuement frotter les mains du succès de la manifestation.
Parmi les invités on peut citer des chefs religieux, des cadres et des jeunes. M. Djibo, candidat sur la liste adverse et Takidine Soilihi, enseignant, ont répondu favorablement à l'invitation du maire.
Les femmes venues nombreuses ont suivi le déroulement de la cérémonie, debout derrière.
Au-delà de la psalmodie du Barzangui et de la cadence du Kaswida qui ont été exécutés méticuleusement, ce qui a davantage égayé le public c'est le message de M. Assadi Ahamadi. Prenant la parole après Hadj Doud Souf qui a remercié le public et formulé ses vœux pour une Tsembéhou, unie, paisible et prospère, M. Assadi a adressé un message de félicitations. Au nom de la diaspora, il a chaleureusement félicité les heureux élus et la population ; il s'est réjouit du choix des candidats, du déroulement des élections législatives et municipales et des résultats obtenus. Il a souligné dans son allocution que Tsembéhou est une ville honorable, digne et respectable qui a conquis sa place sur l'échiquier local, national et mondial. S'adressant aux nouveaux élus (maire, député et conseillers municipaux) il leur rappela qu'ils sont élus pour servir la ville, servir ceux qui les ont élus et ceux qui ne les avaient pas votés. En tant qu'élus, ils doivent faire preuve de magnanimité.
A propos de développement de la ville, M. Assadi Ahamadi a déclaré que cette tâche appartient avant tout aux Tsembéhouens de l'intérieur et à ceux de l'extérieur. « Utilisons les Nouvelles Technologies de l'Information pour communiquer entre nous et pour participer au développement de la ville. » explique M. Assadi Ahamadi avant d'ajouter : « Vous le savez sans doute que désormais partout où on se trouve, une fois connecté sur Internet, on découvre tout ce qui se passe à Tsembéhou. »
Cette allusion au site Tsembéhouinfo a été joyeusement accueillie par des takbir « Allah est Grand » « L'Internet, continue-t-il, constitue donc un outil indispensable pour les Tsembéhouens de l'extérieur de participer, eux aussi, à la construction de la ville »
M. Le maire, pour sa part, a fait savoir à la population que le temps de la dispute et de la polémique est révolu. La campagne électorale terminée, il appartient à tout un chacun de retrousser les manches pour le travail. Il a appelé les Tsembéhouens à s'unir davantage et à se sentir solidaires afin de relever les nombreux défis qui se dressent devant nous. Et à M. le Maire d'en citer trois.
Notre principal défi, déclare Hadj Azihar Abdou, est l'ignorance. Désormais, précise-t-il, tout enfant, Tsembéhouen, garçon ou fille, en âge d'aller à l'école ne doit plus rester à la maison.
Le deuxième défi, d'après le maire, reste la délinquance (Wudjabar) le dénigrement (wutezefu shéri)
Pour lutter contre la pauvreté (le 3è défi) le maire recommande le travail de la terre. Il veillera avec son équipe à combattre le maraudage et la divagation des animaux.
Avant de terminer son discours, le maire a adressé, au nom de son équipe, ses félicitations les meilleures à la population et au président Mohamed Bacar, de l'île autonome d'Anjouan. « Grâce à sa politique d'ouverture, conclut-il, les élections se sont déroulées dans la liberté, la démocratie et la transparence. »
Ce Maoulid, copieusement arrosé, est une manifestation de plus pour les électeurs de la « Pomme » (le symbole de Hadj Azihar Abdou et Ali Attoumani) d'exprimer, à leur façon, leur joie d'avoir gagné les élections législatives et municipales. Ils sont convaincus qu'une nouvelle page est tournée à Tsembéhou.
Tari ou quand le maire s'engage
Un Méga Tari sera organisé le samedi 31 juillet, à la Place publique de Tsembéhou. Animée par les femmes des quatre principaux quartiers de la ville, cette manifestation promet beaucoup. Les fonds recueillis vont permettre de relancer les travaux de construction du bâtiment qui abritera la Mairie. Cette initiative de l'Alliance pour le Renouveau et le Développement de Tsembéhou (ARD) rentre dans le cadre de ses priorités. Avoir une mairie digne de ce nom et à la hauteur des ambitions de la nouvelle équipe reste effectivement une priorité maintes fois exprimée lors de la campagne électorale.
Du coup la tâche ne s'annonce pas facile. En cette période de vaches maigres où les fonctionnaires accusent plusieurs mois de salaire impayés, contribuer financièrement à ces travaux d'intérêts communautaires pouvaient relever d'un parcours de combattant. Cependant les pionniers de ce projet misent beaucoup sur les bonnes volontés et les sacrifices de chacun pour réaliser ce projet. Ils sont convaincus d'y parvenir à un temps record.
Il est vrai que la construction d'un bâtiment pour les services de la Mairie est devenue urgente. L'actuel bâtiment dans un état de dégradation avancé n'offre pas un cadre idéal de travail. Poussiéreux, il manque de tout : mobilier, machine, fourniture, volets. Dépourvu de plafond, il mouille quand il pleut.
Construit en 1963 ce vieux bâtiment a servi deux décennies durant de dispensaire. Y était installée au début des années 70 une cabine téléphonique. Ce bâtiment deviendra plus tard un logement pour les gendarmes affectés à la brigade de Tsembéhou. Il sera ensuite transformé pour servir de salles de classe. En 2001 avec la création des Communes, il abritera les services de la mairie de la Cuvette. Et lorsque la Commune de Tsembéhou fut crée, faute de mieux, le bâtiment fut conservé.
Le nouveau bâtiment sera construit, d'après le maire, à côté de la gendarmerie. Le bâtiment qui a servi récemment de bureau pour les milices d'Embargo sera démoli et sur la place sera dressée le nouvel édifice avec un étage.
Une délégation tsembéhouenne à la présidence.
Le maire et le député, à la tête d'une importante délégation, ont été reçus le vendredi 23 juillet par le président Mohamed Bacar au Palais présidentiel de Patsy. Cette visite qui rentre dans le cadre des contacts réguliers établis entre la nouvelle équipe et le président reste de loin la plus importante. Une vingtaine de personnes faisait partie de la délégation. C'était une occasion pour le député Ali Attoumani de présenter au premier magistrat de l'île le nouveau maire Hadj Azihar Abdou. Prenant la parole Hadj a renouvelé la confiance de la population de Tsembéhou en la politique du colonel. « Grâce à cette politique, souligne le maire, les élections se sont déroulées dans la liberté, dans la démocratie et dans la transparence ».
Raison pour laquelle à Tsembéhou la mouvance présidentielle a été battue lors des législatives et des municipalités. Il a remercié le président pour sa politique d'ouverture.
En réponse au discours du député et du maire, le président a félicité les nouveaux élus avant de les exhorter à œuvrer davantage pour l'unité de la ville de Tsembéhou et de la région de la Cuvette.
Décidément les relations entre le président et la nouvelle équipe sont au bon fixe.
Etoile Filante se dote d'un nouveau bureau
Le championnat d'Anjouan débute à la fin de ce mois de septembre. Ce sont douze formations qui vont disputer cette saison le titre de champion de l'île. Pour la première fois depuis une quinzaine d'années, l'équipe Etoile Filante de Tsembéhou va jouer dans la cour des grands du football anjouanais. Et pour cette occasion, prenant l'affaire très au sérieux la formation tsembéhouenne mobilise toutes ses énergies et ses moyens. Parmi les premières actions entreprises, il y a le renouvellement du bureau.
L'Equipe de football Etoile filante de Tsembéhou vient de se doter d'un nouveau bureau. C'est M. Ali Nadjib qui devient le président. Le secrétariat général est assuré par M. Mourdassi. Pour sa part M. Chaihane Mcolo est élu Trésorier. Les postes de Contrôleur et d'Animateur sont respectivement occupés par M. Faidane Galfane et Mohamed Said (Taki).
L'élection de ce bureau, intervenue dimanche 25 juillet lors d'une assemblée générale, suscite beaucoup d'espoir. Les nouveaux responsables ont donc la mission de tout faire pour que le club tsembéhouen se maintienne la saison prochaine en Division Honneur.
Au cours de cette assemblée générale, le président du bureau sortant M. Said Ahamadi a présenté le bilan de l'année écoulée. Sur le plan financier, le club n ‘a souffert d'aucune difficulté. Les dépenses s'étaient élevées à 350 000 F comoriens. Il reste dans la caisse la somme de 50.000F.
Le championnat débute fin août et l'équipe se trouve dépourvue de tout : souliers, tenues et ballons. Les joueurs n'ont qu'un seul ballon, une seule tenue et chaque joueur une seule paire de souliers.
Au début du championnat, souligne El Kabir, l'entraîneur, l'équipe était composée de 25 joueurs. Il reste actuellement 19 sportifs dont 5 ne sont pas en bonne forme.
Le stade de Mtsimbatsy, quant à lui, se trouve dans un état à la limite du praticable. Autant dire que les problèmes ne sont pas minimes. Le club lance donc un appel pressant aux hommes et aux femmes de bonne volonté de leur apporter l'aide nécessaire pour qu'il entame la championnat dans la sérénité.
Prenant la parole lors de cette assemblée, tenue au Foyer des Jeunes, le président Nadjib remercie chaleureusement les participants pour la confiance qu'ils ont accordée à lui et à ses nouveaux collaborateurs. Il s'est engagé à s'y déployer pour être à la hauteur des espoirs que Tsembéhou place en lui et à ses collègues du nouveau bureau.
Une soixantaine de personnes de différentes catégories sociales ont été invitées lors de cette assemblée. C'est la première fois, dans l'histoire footbalistique de Tsembéhou qu'une réunion rassemble autant de personnes pour se pencher sur l'avenir du club.
Signe du temps, le football sera désormais l'affaire de toute la ville. Il ne sera plus délaissé aux seuls amoureux du ballon rond. La présence à l'assemblée de Hadj Azihar Abdou, le maire, du député Ali Attoumani et de Takidine Salim, directeur de cabinet à la présidence confirme cette volonté communautaire de faire évoluer l'Etoile Filante.
Vacances, mariages et dépenses
Les vacances à Tsembéhou, c'est aussi le moment choisi par les couples et leurs parents respectifs pour les cérémonies nuptiales. Cette année encore les vacanciers n'étaient pas moins gâtés. Pas moins de dix mariages ont été célébrés avec tout son cortège de festivités et de danses. Et ce n'est pas encore terminé. L'on va encore se régaler.
Pour cette circonstance, nos concitoyens de la diaspora sont venus nombreux, de Mayotte, de Mohéli, de Ngazidja et de France, pour partager ensemble ces moments de bonheur et de joie. Certes ils sont venus pour les vacances mais aussi avec le secret espoir de participer aux différentes cérémonies de mariage.
Wadaha, Tari, danse de l'Enfant prodige (Ngoma ya mwana) pour les femmes. Barzangui, Toirab, Chigoma et Mchogoro pour les hommes. La fête, c'est pour toute la ville.
La grande particularité des mariages de cette année, c'est l'abandon pur et simple des mesures prises il y a trois ans pour réglementer les dépenses ostentatoires occasionnées lors des mariages. Il semble donc que ces mesures ont fait long feu.
Le Shiyisa Ndrolo (scellement du mariage) et le Valizi ya Nyadza (la Valise de la Belle-mère) reviennent en force au vu et au su de tout le monde.
Le premier qui consiste à envoyer chez le nouvel époux, à l'avant-veille du mariage, plusieurs dizaines de kilogrammes de cadeaux, était jugé superflu par une certaine catégorie sociale. Le coût moyen du Shiyisa Ndrolo était estimé à 500.000 F comoriens. Ce sont surtout des gâteaux, des mets, du riz, des fruits, des brochettes. Bref tout ce qui est comestible est permis. Et les familles rivalisaient d'adresse pour offrir au gendre le plus gros lot.
La Valise de la Belle- mère est une valise pleine d'habits et autres artifices que la famille de l'époux « offre » à la famille de la mariée. Celle-ci pourrait au préalable envoyer une liste des membres de la famille à vêtir.
L'interdiction de cette pratique avait, certes, des détracteurs qui ne cessaient de critiquer les pionniers. Cependant ils ont profité de cette période de transition à Tsembéhou pour faire revenir cette pratique.
La nouvelle équipe à la mairie saura-t-elle relancer ces mesures ? C'est tout le mal qu'on pourrait lui souhaiter, surtout que la grande majorité de ses partisans ont été parmi les innovateurs de cette coutume.
Baccalauréat
Dans le sérieux et la franchise
Les résultats définitifs du baccalauréat 2004 viennent d'être rendus publics. Seuls 769 candidats sur les 2808 élèves (soit 27,38 %) ont obtenu leur billet pour l'Université ou autre Ecole Supérieure. Catastrophiques pour certains, sérieux pour d'autres, ces résultats sont différemment appréciés par la population qui s'accorde à apprécier tout de même le bon déroulement et la transparence de cet examen. La ville de Tsembéhou a enregistré cette année 36 nouveaux bacheliers, toutes séries confondues, sur les 182 candidats. Soit (19,78%)
Pour donner à ce baccalauréat anjouanais ses lettres de noblesse, les autorités de l'île ont fait venir de Madagascar Dr Marcel Napetoke pour présider le jury.
Professeur à l'Université de Tuléar, Dr Marcel Napetoké a été recteur, une douzaine d'années durant, à l'Université de Tuléar où il avait occupé par la suite plusieurs fonctions de responsabilités. Il est aussi président du Conseil municipal à la commune urbaine de Tuléar.
Doyen de la Faculté des Lettres puis directeur du Département Géographie à l'Université de Tuléar, Dr Napetoké a su mener sa mission avec doigté et courage. Il avait détecté et corrigé plusieurs tentatives de fraudes.
Nous l'avons rencontré après la publication des résultats et il nous a parlé de son expérience anjouanaise. Satisfait d'avoir rempli sa mission, Dr Napetoke se dit disponible si les autorités anjouanaises lui proposent de revenir pour le baccalauréat de l'année prochaine.
Il semble que les professeurs ont été cléments lors de la correction. Est-ce l'avis du jury ?
Je ne le pense pas. J'ai vu les notes et j'estime qu'elles sont catastrophiques. Ils n'étaient pas du tout cléments. Au contraire.
Dans l'ensemble comment s'est déroulé l'examen ?
C'était normal. Les deux délibérations sont faites dans les normes. La surveillance et la correction ont été exemplaires
Quelle appréciation portez-vous sur le niveau des élèves ?
J'ai l'impression que le niveau des séries scientifiques est en particulier très élevé. En série C, le taux de réussite est de 71%. Je vous affirme que ce taux est largement supérieur par rapport à celui de Madagascar qui se situe autour de 36%. Et quand on regarde les copies, on constate effectivement que le niveau est assez élevé. En série D, il y a eu 37 % d'admis. Ce n'est pas mal.
Par contre, avec un taux moyen de 24 % la série A va mal, très mal. Je crois qu'il s ‘agit d'un problème de documentation. Il n'y a pas assez de documents pour les élèves. En conséquence, les élèves ne lisent pas suffisamment. Et comme chacun sait, la lecture est indispensable pour cette série A.
Je crois que la meilleure façon de relever ce niveau scolaire est de maintenir les robinets fermés Et vous verrez que dans 3 ou 4 ans, les élèves bosseront mieux au lieu d'économiser pour acheter le baccalauréat.
La corruption et l'intervention sont donc monnaie courante. Etiez-vous confronté à ce genre de problème pendant votre mission ?
J'étais effectivement confronté à ce genre de problème. Plusieurs personnes sont venues me voir et je leur ai fait comprendre que je ne suis pas venu pour vendre le baccalauréat. Pas plus tard que ce matin, alors que les résultats étaient déjà affichés un gars est venu me voir pour me proposer la somme de 200 000F comoriens. Je lui ai dit que même s'il me donnait des millions, je ne le ferai pas.
Y a-t-il eu pression de la part des autorités ?
A mon arrivée à Anjouan, le ministre de l'Education puis le président de l'île m'ont dit qu'ils veulent un baccalauréat correct. Alors les responsables avec qui je travaillais ont compris le message. Personne n'a osé me proposer quoi que ce soit. Ce sont les parents d'élèves qui étaient venus me proposer de l'argent et moi évidemment j'ai refusé.
Résultats du Baccalauréat 2004 à Anjouan
Centre de Mutsamudu
Série |
Inscrits |
Admis |
% |
Série A |
1590 |
349 |
21,94 |
Série C |
62 |
44 |
70,96 |
Série D |
461 |
163 |
35,35 |
Centre de Domoni
Série |
Inscrits |
Admis |
% |
Série A |
610 |
180 |
29,50 |
Série C |
00 |
00 |
00 |
Série D |
85 |
33 |
38,82 |
Le Téléphone à Tsembéhou
Il y aura bientôt un an depuis que les Tsembéhouens attendent impatiemment la mise en fonction du central téléphonique. Prévu pour être opérationnel en décembre 2003, ce central a connu une défaillance technique au moment de son lancement. Plusieurs missions techniques composées de nationaux et de sud-africains se sont succédées, mais les difficultés demeurent toujours. Il semble que le problème réside au niveau du faisceau entre le relais de Ouani et celui du col de Patsy.
Construit à Hamoudou, à l'entrée de la ville en provenance de Mtsimbatsy, ce beau bâtiment flambant neuf qui abrite le central avait suscité beaucoup d'espoir. Les travaux de construction, confiés à une entreprise tsembéhouenne, n'avaient souffert d'aucun retard. Le réseau intérieur installé depuis fin novembre est prolongé jusqu'à Drindri et Chandra. La SNPT ( Société Nationale des Postes et Télécommunications) attendent la relance du central pour effectuer les branchements à domicile.
L'engouement pour le téléphone est quelque peu compensé par le téléphone portable. Opérationnel depuis le début de l'année 2004, le portable est l'outil de quelques privilégiés. La cherté de l'appareil(72000 F) et le coût élevé des communications font que bien des gens attendent le téléphone fixe avant de s'ouvrir au monde. On estime à une quarantaine le nombre de Tsembéhouens abonnés pour l'instant au cellulaire.
Tsembéhou et le téléphone : la légende continue
Vous savez déjà que ce sont des problèmes techniques qui sont à l'origine du non-démarragee du Central téléphonique de Hamoudou. Les habitants, pour leur part, continuent de prendre leur mal en patience sans se lasser de s'interroger sur les motifs réels de cette panne. Faute d'explications adéquates, certains ne s'empêchent pas d'expliquer cette panne « irréparable » par des raisons métaphysiques. Ils croient que des gens de mauvaise foi, qui voyaient de mauvais œil l'installation d'un central téléphonique à Hamoudou, sont venus jeter un mauvais sort. Ils étayent leur argument avec les phrases ironiques que lançaient les techniciens comoriens à bout de souffle. Ces derniers ne cessaient de plaisanter en disant qu'il faudrait sacrifier un bœuf si réellement Tsembéhou voulait que le téléphone marche.
Pour d'autres, la raison de cette panne « irrémédiable » se trouve dans l'engouement exagéré des Tsembéhouens pour le téléphone. Ce n'est un secret pour personne. Les Tsembéhouens sont des grands consommateurs de téléphone. Les « vendeurs d'unités » devant les cabines téléphoniques à Mutsamudu connaissent parfaitement l'attrait de nos concitoyens envers les communications téléphoniques. Cela ne date pas effectivement d'aujourd'hui. Et il arrive parfois, comme pour se consoler, les Tsembéhouens se targuent à dire qu'ils sont parmi les premiers comoriens à connaître le téléphone. Cela pourrait paraître vrai. La Société Coloniale Bambao(SCB) avait effectivement installé une ligne téléphonique à Hassandzé. C'était un Tsembéhouen qui occupait le guichet. Inutile de préciser que la population n'en profitait presque pas. Ce qui est certain c'est qu'au début des années 70, une ligne téléphonique avait relié Tsembéhou – Mutsamudu. Elle n'a pas survécu longtemps, victime d'un sabotage éhonté. Il a fallu attendre vingt ans plus tard pour voir la SNPT implanter une cabine à Tsembéhou. Grâce à un système que les techniciens appellent « Terra » installé sur le col de Patsy et à Tsembéhou, le téléphone a fonctionné deux semaines seulement avant de tomber en panne. Tout a été fait pour le réparer ; mais en vain. C'est seulement lors du démantèlement des appareils que les techniciens ont remarqué que le câble d'antenne a fait l'objet d'un sabotage commis par quelqu'un qui s'y connaît en la matière. Comme en 1974, on n'ouvre jamais d'enquête pour découvrir les malfaiteurs. Alors que dans les deux cas il n'était pas du tout compliqué de démasquer ces criminels.
Construction de la Mairie: Les travaux avancent bien
Si tout ce passe bien, le béton du rez-de-chaussée sera mis en place au début du mois de ramadan. Le seul obstacle qui risque de perturber l'évolution harmonieuse des travaux reste la pénurie du ciment et du fer à béton qui frappe durement actuellement l'île.
La première phase des travaux de construction de la mairie arrive bientôt à terme. Le terrain déblayé, la fondation construite et les murs édifiés, les maçons et les manœuvres sont en passe de finir les « sénages », phase ultime avant le béton. Jusque- là la population a participé sans fausse note aux différents travaux. A part la main-d'œuvre qualifiée qui bénéficie d'une prime d'encouragement, le reste est exécuté bénévolement par des volontaires qui ont hâte de voir le bâtiment prêt à servir. Ce sont, dans un premier temps, 144 m² qui demandent à être bétonnés. Le comité de gestion des travaux souhaite bien faire réaliser cette tâche avant la fin du Ramadan espérant que d'ici-là le ciment et le fer à béton actuellement introuvable dans l'île referont surface.
Ce n'est sans un grain de fierté que la population participe à la construction de ce joyau qui assurément commence à susciter des envies. Une communauté qui décide de construire, elle-même, le bâtiment qui abritera la mairie, c'est une première sous nos cieux. Que les Tsembéhouens soient les pionniers ne constitue point une surprise pour ceux qui connaissent bien cette population. Elle a démontré à plusieurs reprises qu'elle sait prendre des initiatives hardies, les réalise au profit de toute la communauté. L'assainissement de la ville, la construction des écoles, le réseau d'adduction d'eau, le marché, la télévision locale, la maison des Jeunes et de la Culture (Foyer des Jeunes) sont autant de réalisations qui prouvent la détermination des Tsembéhouens à construire et à développer leur ville.
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