Présentation de TSEMBEHOU: Une ville en pleine mutation
Caracteristique générale
Situation générale
Caracteristique de la population
Infrastructure existante
Fondation
Evolutions marquantes
 
Organisation socio-économique
Agriculture
Elevage
Organisation des jeunes
Environement
Les Femmes
Particularités
Les attentes des paysans
Atouts
Contraintes
Pan- Dévelopement de Tsembehou (2003-2012)
Personnalités Politiques
 

CARACTERISTIQUE GENERALE

Situation générale:

La ville de Tsembéhou se trouve au cœur de l'île d'Anjouan dans la Cuvette, communément appelée Cuvette de Tsembéhou. Elle est située à quelques 17 km de Mutsamudu, la capitale de l'île d'Anjouan. On y accède par trois routes principales goudronnées. Deux d'entre elles partent de la route principale (RN 21) Mutsamudu-Domoni. La plus utilisée, longue de 4 km, Tsembéhou-Gobéni se croise au niveau du Pont Hassandzé avec la portion de route de Chandra-Msakini. La troisième, la route Hachipenda – Dindri-Tsembéhou qui mesure 20 km débouche également sur la route principale RN 21. Les écoles, le Centre de Santé, la Mairie, le marché, la Poste et les Télécommunications sont construits dans la périphérie. Tsembéhou se trouve à quelques 500 m d'altitude. Au-delà de sa beauté, de la richesse de sa faune et de sa flore, Tsembéhou est aussi une ville touristique qui a déjà séduit plus d'un artiste et d'un romancier. M. Mohamed Toihiri, le premier romancier comorien, a consacré quelques lignes de son premier roman  « La République des Imberbes » à la Cuvette de Tsembéhou. C'était à n'en pas douter un véritable hommage rendu à la Cuvette.

Le voyageur qui visite pour la première fois la région est agréablement surpris par la longue chaîne de montagne qui encercle les trois localités de Tsembéhou, chef lieu, de Drindri et de Chandra. Le tout forme un pittoresque panorama qui porte le nom de la Cuvette de Tsembéhou.

Dans cette région se trouve le mont Ntringui qui est le point culminant de l'île (1595 m). Sur son flanc, à 1000 m d'altitude, se situe le lac Landzé (Dzialandzé) le plus grand lac d'eau douce de l'archipel des Comores.

Tout naturellement, la rivière Tratringa, la plus longue de l'archipel, passe juste à côté de Tsembéhou. Faudrait-il ajouter que la pluviométrie moyenne est de 3.236 mm faisant de la Cuvette la région la plus arrosée des Comores.

A ces performances s'ajoute l'hospitalité légendaire de la population. Tout compte fait Tsembéhou est une ville touristique qui possède beaucoup d'atouts qui ne demandent qu'à être mis en valeur.

Caractéristique de la population

Nombre total d'habitants (estimation 2002) 12 500

Nombre de ménages 1.786

Nombre de personnes par ménage 7

Répartition de la population

de 0 à 15 ans 65%

de 15 à 50 ans 34%

> 50 ans 1%

Population estimée d'immigrés 18

Population estimée d'émigrés 625

Densité de la population (h/km2) 1373

Infrastructures existantes

  • 3 écoles primaires dont deux écoles privées
  • 2 collèges privés
  • un collège rural public
  • une mairie
  • 1 centre de santé
  • Libre Service ( Informatique)
  • 12 mosquées
  • 1 gendarmerie
  • 1 marché
  • Une agence de Poste et des Télécommunications
  • deux stations de télévision
  • 2 stations de radio libre
  • un bureau de Sanduk
  • Trois Places publiques
  • 4 antennes paraboliques
  • 1 foyer de jeunes
  • 1 pont (Dziani)
  • 3 routes d'accès bitumées
  • 1 centre d'encadrement agricole
  • un magasin de conservation semence de pommes de terre

HISTOIRE

Fondation: La ville est fondée vers le XVIII e siècle sous le règne du Sultan Abdallah 111, par les anciens habitants de Bangoi qui se trouvait à proximité de Bambao Mtsanga. Ces derniers avaient reçu l'ordre du Sultan de quitter les lieux, ce dernier voulant installer son armée et sa cour dans les environs. Le village fut d'abord installé tout près de Dziani, puis enfin dans l'actuel Tsembehou au fond et près de la forêt pour pouvoir mieux exploiter celle-ci. Vingt quatre familles furent la première population. C'est ainsi que naquit le village de Tsembehou.

Les origines de Tsembéhou

La légende disait que Tsembéhou est fondée à l'époque des Chiraziens, des arabes venus du Golfe Persique. Un groupe important de ces arabes a sillonné l'île d'Anjouan. Dans la Cuvette, le convoi est passé par Chonkagé, lieu d'origine du village de Chandra, s'est dirigé ensuite vers le Nord- Ouest (Madzahani) avant de regagner Koni. Sur le chemin de retour, ils ont séjourné pendant trois jours à Drindri avant de venir s'installer à Tsembéhou. A l'époque, qui n'est pas précisée dans les différents documents consultés, la région était couverte par une forêt dense. Les Chiraziens se sont prélassés un bon moment sous un grand arbre à Hamoudou, au nord de l'actuelle ville. Ils avaient emmené un livre sacré. Au cours de leur pause, ils ont encastré le livre dans l'arbre en soulevant une partie de l'écorce, par inadvertance disent certains, délibérément croient d'autres.

Sous la direction de Cheik Manoufa, le convoi arabe s'est dirigé ensuite vers Mtsimbatsy. Ici les explorateurs ont creusé la terre et enfoui un plateau (Patsou). Sous leur bénédiction, la petite plaine de Mtsimbatsy serait le grenier de toute l'île. C'est une zone bénie. Ils ont quitté la région en se frayant un chemin vers le col de Patsy. En quittant Hamoudou, Cheik Manoufa et ses hommes avaient oublié le livre sacré. Ils sont venus le rechercher, disent certains. D'autres expliquent qu'ils avaient laissé sur cet arbre ce livre sacré qu'ils avaient accroché sur ce grand arbre. Etait-ce ce convoi qui avait donné le nom de Tsembéhou. La légende n'indique pas si ces Chiraziens avaient laissé derrière eux des hommes et des femmes pour habiter ces zones explorées.

A Tsembéhou on raconte que l'origine du nom de la ville vient à partir de cette aventure. En comorien Hutsembéha (verbe) est le fait d'encastrer un objet sur le toit ou sur la paroi d'une case de façon à ce qu'une partie de cet objet soit visible. En ce qui concerne Tsembéhou, certaines sources affirment que les premières cases étaient installées à Hamoudou. Mais bien vite l'endroit s'était révélé hostile à l'habitat. Il s'est déplacé ensuite vers Chaouéni, là où est construite la mosquée de Vendredi. Il s'est progressivement développé pour prendre son envergure actuelle.

En réalité qui sont les premiers habitants de Tsembéhou ? Des Chiraziens ou des Bushmen ? La légende dit que les premières familles ayant habité Tsembéhou venaient d'un groupe appelé NGOME, des Chiraziens descendants des Charifs de Moya (Aux Comores, les Charifs sont les descendants directs du prophète Mouhamad). Les musulmans ont-ils étaient alors les premiers habitants de Tsembéhou ? Ici comme un peu partout aux Comores des pratiques animistes et des danses d'origine africaines ont longtemps imprégné la vie sociale et culturelle de la population. Pour l'extension du village et pour l'agriculture les habitants défrichaient la forêt. Ils vivaient de l'agriculture et de la chasse. La vie autrefois était rythmée de chant, de danse et d'autres festivités. Aujourd'hui encore des vieillards se souviennent de la diversité des danses qui pour une occasion ou pour une autre faisait descendre la population sur la place publique. L'on dansait pour le début de la semence, au milieu et lors de la récolte. On dansait lors de mariages, des naissances et lors de fêtes foraines .

Tari La MKOKO : une danse organisée généralement à Dzia la Outsounga. Un lac qui se trouve au sud du village. Pour l'atteindre, le cortège doit parcourir plusieurs centaines de mètres et escalader une montagne, haute de quelques 500 m avant de descendre jusqu'au fond du lac. Dzia la Wutsunga est une petite cuvette dans la Cuvette. C'était, jusqu'à un passé récent, un lieu sacré et de magie. Ce fameux tari qui mobilisait tous les adultes était toujours organisés avant le semis et aussi avant la récolte des cultures des champs vivriers sarclés.

Une figure historique : Tumpa, le patriote

« Tsembéhou est une ville historique qui avait ses institutions et ses rois parmi lequel le sultan Tumpa  ». Cette phrase vient du Gouverneur Anfane Mohamed. Il l'avait prononcée sur la véranda de la mosquée de Vendredi, devant une foule nombreuse, quelques jours seulement après son élection au poste de Gouverneur. Il était venu remercier la population de Tsembéhou. C'était au début des années 80.

Nous saisissons cette occasion de reprise des activités de Tsembehouinfo (Tinfo) pour vous parler de cet homme qu'on ne parle presque pas dans les manuels scolaires. Et pourtant il fut un grand patriote. Il a combattu pour la liberté, l'égalité et la justice. Epris d'idée de justice et d'égalité Tumpa est un révolutionnaire. Il avait voulu changer la société anjouanaise dominée par les Chiraziens. Il avait lutté contre l'esclavage. En 1771 Tumpa mobilisa plus de 7000 hommes. Armés de flèches et autres gourdins, ils attaquent le sultan de l'époque à Domoni et libéra les esclaves hommes et femmes à qui il proposa qu'ils nouent entre eux des liens de mariage. Son ultime combat est qu'Anjouan soit dirigée par un autochtone et non par un arabe venu d'ailleurs.

Nous vous faisons lire un document écrit par un notable de Mutsamudu M. Said Ahmed dans lequel il parle de Tumpa: « …Un autre prétendant au trône du Sultan, le fameux Tumpa de Bambao M'Trouni leva les armes contre le vieux sultan. Tumpa se disait descendant des anciens Fani, souleva la population Bushman contre les Arabes. Il considérait ces derniers comme des usurpateurs.

Il attaque Ahmed à l'improviste et pris Domoni. Cependant il n'osa faire du mal. Il se borna de prendre possession des armes du sultanat et retourna de Domoni à Bambao M'Trouni. C'était en 1775. il écrit à Mouculé Oiziri Abdallah, gouverneur de la ville de Mutsamudu lui disant qu'il a battu Ahmed et qu'il prit possession du trône de ses ancêtres. Il invitait en même temps Mouculé Oiziri Abdallah à se rendre à Bambao Mtrouni pour se soumettre. Sur le refus de celui-ci, Tumpa envoya son ministre auprès d'Abdallah. Le ministre avait mission au cas de nouveau refus d'informer Abdallah que Tumpa considère cette insistance comme une sorte de rébellion et qu'il sera poursuivi comme telle. Qu'au cas où les Arabes seraient battus les Bushmen seront considérés comme leur égaux, à tous les points de vue et ils auront droit à se marier avec les femmes arabes.

Abdallah s'opposa complètement à se soumettre et mis comme condition de son côté que les Bushmen au cas d'une victoire des Arabes seront considérés comme esclaves de ces derniers. Trois jours après, Tumpa investissait Mutsamudu avec ses soldats. Il y avait en rade de Mutsamudu un navire anglais. Abdallah ait obtenu du commandant du bateau anglais le débarquement de quelques marins. Tumpa en tête du commandement de son armée se fit porter sur le palanquin et le parasol rouge l'abritait. Quand sur les indications des chefs arabes, les marins anglais firent feu de leurs armes, le roi Bushman atteint d'une balle tomba de son palanquin inanimé. Les indigènes furent pris pour misérables tandis que les Wazoungou étaient considérés comme des êtres surnaturels. Et la peur finit par mettre le désordre complet dans l'armée Bushman qui battit en retraite en abandonnant au champ de bataille le corps de leur roi.

Abdallah les poursuit jusqu'à Bambao Mtrouni. Après les funérailles de Tumpa, il prononça un discours devant la population réunie rassurant celle-ci qu'il pardonnait tout et à tous. Il prit les Arabes et était allé à Domoni les remettre au Sultan Ahmed et après avoir mis l'ordre dans toutes les affaires du sultanat il revient à Mutsamudu. Le règne d'Ahmed dura 40 ans, période pendant laquelle révolte et assassinats politiques étaient monnaie courante. Avant Ahmed, il y avait Salim surnommé Toundra, la grenade. Très aimé dans l'île. Pendant son règne il n'y a eu presque pas de guerre. C'est le fils de sa sœur qui lui succéda au trône. Le Sultan Ahmed régna pendant 40 ans (1741-1782) le règne le plus mouvementé, marqué parfois par des soulèvements, attentats, incursions malgaches. Il fut aussi le dernier sultan qui régna à Domoni. Le sultan avait deux fils : Chéï Salim et Cheï Abdallah. Dès leur jeune âge, les deux enfants se comportaient comme des tyrans. Leur père les envoya alors le premier à Mutsamudu et le second à Ouani, auprès des gouverneurs pour être éduqués. Chéi Salim, l'héritier, fut assassiné à Mutsamudu. Pour le venger le roi Ahmed envoya plus de 1000 hommes armés à Mutsamudu. Ils furent battus.

Le gouverneur Mouculé Oizir Abdallah mobilisa ses hommes et entrepris la conquête de la ville de Domoni. Ne pouvant pas y pénétrer, ils l'assiégèrent pendant trois mois. Les portes ne leur étaient ouvertes qu'après la mort naturelle du Sultan. Abdallah, devenu roi régna 12 ans. De 1782 à 1788 et de 1792 à 1796. Sa petite fille Halima III avait régné pendant l'intervalle 1788-1792.

 

Les évolutions marquantes

Depuis 50 ans:

  • 1950: Cyclone
  • 1959 : réseau d'adduction d'eau dans le village
  • 1959 : construction de l'école primaire
  • 1967: Problème foncier de Mtsimbatsi entre la population de Tsembehou et celle de Chandra
  • 1973 - 1974: Route goudronnée
  • 1974: Construction du pont de Dziani
  • 1977 : assainissement d'une partie du village
  • Février l974: Arrivée des rescapés de Majunga
  • 1977 : assainissement d'une partie du village
  • 1988 construction du foyer des jeunes
  • 1988 : construction du Centre de santé
  • 15/03/1991: Electrification du village
  • 13/04/1991: Création radio libre
  • Septembre 1993, Antenne parabolique
  • 1996 : construction du Marché
  • 1997 : création du Sanduk
  • 13/04/97 : création station de télévision
  • 1998 : adduction d'eau de Hamoudou
  • 2000 : création de la Commune de Tsembéhou
  • 2001 : construction école primaire à Hamoudou
  • Juillet 2002 : début des travaux de construction de la maison des Postes et Télécommunications
  • 14 mars 2004 : Ali Attoumani élu député de Tsembéhou

ORGANISATION SOCIALE

La ville est administrée par un maire et des conseillers(six à Tsembehou , trois à Drindri et trois à Chandra)élus par les électeurs des 3 villes de la Cuvette. Un comité de pilotage a été créé par la FADC. Il est chargé de la coordination, de la réalisation et de la maintenance des infrastructures villageois. A Tsembehou les notables et les chefs religieux ont un certain pouvoir de décision. Ces derniers temps ce pouvoir leur échappe progressivement au profit des autorités administratives et des jeunes.Trois confréries religieuses cohabitent ( Toirikat Chadhouli, Rifan'en et Ka'dri) et leurs leaders sont apparemment respectés par les disciples .

  • Population active 4000
  • Agriculteurs 3375
  • Ateliers libéraux 587

ORGANISATION SOCIO ECONOMIQUE

Agriculture: La population est soumise à une pression foncière sans précédant. Ce qui explique la profonde mésentente entre la population de Tsembehou et celles des deux villages voisins Chandra et Dindri. Les terres cultivables sont concentrées sur les versants et le fond de la cuvette. Des paysans isolés disposent toutefois de quelques parcelles dans les zones de Mrofeda, Mrambovwo et le long de la rivière Tratringa. Les terres sont encore fertiles.

Les principales cultures pratiquées sont: vanille, ylang, girofle, letchi, divers agrumes, ambrevade, manioc, paddy, banane, arachide,

Cultures d'exportation

Vanille, Ylang-Ylang, Girofle

Les cultures sont pratiquées principalement le long de la rivière Tratringa et dans la zone de Dziani. On note une évolution de la culture de la vanille malgré la précarité du marché. La culture d'ylang semble stationnaire à cause de la baisse du prix du kg de fleur. Concernant le girofle, on assistait à un regain d'intérêt dû à la hausse du prix pendant ces deux dernières années. La chute vertigineuse de ce prix cette année semble démotivée les agriculteurs. Certains ne se sont pas donnés la peine de récolter la totalité de la production de cette année. La vanille , l'ylang (essences) et le girofle (clous) sont vendus dans différents établissements à Mutsamudu.

La culture des letchies est plus particulièrement pratiquée dans le village. Les cultivateurs luttent efficacement contre la chauve-souris, les moineaux et les rats qui occasionnent des dégâts considérables sur les fruits. La culture connaît un grand essor dû à une forte demande. Le letchi est vendu à Anjouan et exporté à Mayotte et à la Grande Comore.

Cultures vivrières

Banane, Manioc, Taro, Maïs, Ambrevade, Arachide, Patate douce.

Les cultures vivrières sont localisées à Hamoudou, à Mtsimbatsi, à Pangani et dans les hauts des versants. La presque totalité de la production est consommée dans le village.

Problèmes évoqués:

manque de terres cultivables, manque d'outillage, maraudage, revenus bas

Cultures maraîchères

Les cultures maraîchères se trouvent localisées à Dzia la wutsounga, à Hamoudou et à Gouni. On assiste à une augmentation progressive des parcelles maraîchères.

Problèmes évoqués

Réseau d'adduction d'eau insuffisant,difficulté d'approvisionnement en engrais chimique, difficulté d'approvisionnement en outillage.

La commercialisation se fait au niveau de la cuvette et -dans les grandes villes (Mutsamudu et Domoni)

La culture d'ylang semble stationnaire à cause de la baisse du prix du kg de fleur. Concernant le girofle, , on assistait à un regain d'intérêt dû à la hausse du prix pendant ces deux dernières années. La chute vertigineuse de ce prix cette année semble démotivée les agriculteurs. Certains ne se sont pas donnés la peine de récolter la totalité de la production de cette année. La vanille , l'ylang ylang (essences) et le girofle (clous) sont vendus dans différents établissements à Mutsamudu.

La culture des letchies est plus particulièrement pratiquée dans le village. Les agriculteurs luttent efficacement contre la chauve-souris, les moineaux et les rats qui occasionnent des dégâts considérables sur les fruits. La culture connaît un grand essor dû à une forte demande. Le letchi est vendu à Anjouan et exporté à Mayotte et à la Grande Comore.

Cultures vivrières

Banane, manioc, taro, mais, ambrevade, arachide, patate douce.

Les cultures vivrières sont localisées à Hamoudou, à Mtsimbatsi, à Pangani et dans les hauts des versants. La presque totalité de la production est consommée dans le village.

Problèmes évoqués: manque de terres cultivables, manque d'outillage, maraudage, revenus bas

Cultures maraîchères

Les cultures maraîchères se trouvent localisées à Dzia la wutsounga, à Hamoudou et à Gouni. On assiste à une augmentation progressive des parcelles maraîchères.

Problèmes évoqués: réseau d'adduction d'eau insuffisant difficulté d'approvisionnement en engrais chimiques difficulté d'approvisionnement en outillage.

La commercialisation se fait au niveau de la cuvette et -dans les grandes villes (Mutsamudu et Domoni)

Elevage

Cheptel existant: (données de 1995)

  • 613 bovins
  • 60 ovins
  • 150 caprins
  • 70 lapins
  • 100 canards

L'élevage est pratiqué presque partout dans le territoir.

Problèmes évoqués: santé animale, besoin en fourrages améliorés

Il existe à Gouni, une coopérative agricole. Chaque membre possède une parcelle maraîchère.

Elle faisait de la production de lapins et de canards. Cette coopérative a débuté par une production de poulet de chair et d'œufs à consommer. Elle a été contrainte d'abandonner ces productions à cause des ruptures fréquentes de stock de provende au niveau de l'importateur. Actuellement la coopérative est en train de réhabiliter le réseau d'adduction d'eau de la zone.

Problèmes évoqués: manque d'outillage, manque de provendes

Organisation des Jeunes

Organisation de la jeunesse pour le développement rural.

But: Contribuer au développement du village sur les points suivants :

  • infrastructures
  • formation professionnelle
  • santé
  • éducation
  • agriculture
  • lutte contre le chômage

L'association a déjà bénéficié les aides des organismes suivants: FED, FADC, MCF, ACCT

Souhaits : Création d'un centre de formation , menuiserie, maçonnerie, plomberie, soudure, électricité, mécanique

Education : aide en infrastructure et en équipement

Santé : lutter contre le paludisme, lutter contre le sida, assainissement de la ville

Groupement pour la promotion de l'agriculture dans la cuvette (en veilleuse)

But: Aider les agriculteurs de la zone

Actions engagées:

  • exploitation d'une parcelle servant de modèle avec le concours des vulgarisateurs du FED;
  • diffusion d'émissions agricoles par radio
  • Sensibilisation de masse par des visites dans les zones agricoles les plus évoluées de l'île –
  • création de pépinières villageoises (distribution de plants)
  • achat et vente d'intrant agricole

Problèmes évoqués: besoins de 400 m de tuyaux, outillage

Autres associations

  • Wudjama Music (orchestre)
  • Coopérative Dzia la wutsounga
  • Niya Ndjema (gouni )
  • Etoile Filante
  • A.C.F.J.T
  • 4 clubs de handball(masculin)
  • 4 clubs de handball (féminin)
  • Scout TRATRINGA( en veilleuse)
  • Association théâtrale NOUR EL HAYAT(en veilleuse)
  • Association ULANGA(en veilleuse)
  • Madrassati NOUR ISLAH
  • Madrassati SILAHI
  • Madrassati SUIDIKIL IMAN
  • Madrassati SAKANI

Buts : développement du folklore et de la culture protection de l'environnement éducation et organisation des jeunes

Problèmes évoqués et souhaits:

Equipement: mobilier, documentation, sonorisation, décor et costumes théâtrales, logistique pour pépinière et reboisement assainissement des eaux

L' environnement

L'environnement est menacée par les coupes abusives des bûcherons. Il existe dans la zone des colonies de Roussette de Livingstone et une "source minérale" (magi ya chouma) qui méritent d'être protégés. Des actions de reboisement ont été réalisés par ULANGA et le CEA.

Les femmes

Il existe six associations de femmes: Laïti chababi, Nour el hayat, Nouroul islamia, Mabanati décidé, Madrassati fleuria, Madrassati soifinia

Buts: promouvoir la culture islamique, organisation des festivités paysannes pour contribuer aux actions de développement du village.

Problèmes et souhaits: sonorisation, éclairage, instruments de musique, création d'une école ménagère

Particularités

La population toute entière et plus particulièrement la jeunesse est très soucieuse quant à son devenir et celui du village. La population est bien organisée à travers des groupements et associations pour le développement communautaire. Il y a une forte proportion d'émigrés.

Les attentes des paysans

Au niveau des services agricoles: encadrement, intrants agricoles, races améliorées, produits de traitement phytosanitaire produits de traitement vétérinaires

Au niveau des projets: infrastructures de bases, formation

Buts: organisation des festivités paysannes pour contribuer aux actions de développement du village.

PROBLEMATIQUES DU DEVELOPPEMENT AGRICOLE

Atouts: Organisation de la population, Main d'œuvre qualifié, niveau intellectuel élevé, Environnement touristique, Voies de communication, Existences des médias audiovisuel, Expérience de négociation avec différents projets.

Contraintes: pression foncière très marquée, chômage important des jeunes du niveau de 3e vol

Pistes d'actions: Hiérarchisation des problèmes, formation, pression foncière, infrastructures, équipement, adduction d'eau.

FORMULATION DE PROJETS

Le problème majeur qui se pose à Tsembehou est le chômage des jeunes. Il serait donc souhaitable d'envisager la création d'un centre de formation polyvalent qui toucherait les domaines suivants: maçonnerie, plomberie, soudure, électricité.

Les formateurs seraient des villageois possédant des connaissances reconnues dans les différents secteurs suscités et qui bénéficieraient d'un stage de formation avant l'ouverture du centre.

Il serait intéressant d'envisager deux autres petits projets projet d'amélioration d'adduction d'eau existant construction d'un pont reliant le village et la zone maraîchère de Gouni.

JUSTIFICATION

La formation de ces jeunes contribuerait à

  • la création d'emploi
  • la diminution du taux de chômage
  • la baisse du vol
  • l'exportation des services.

L'amélioration du réseau d'eau existant apporterait le complément en eau potable et contribuerait à l'augmentation de la production maraîchère. La construction du pont dispenserait les maraîchères d'un grand trajet pour arriver sur les lieux d'exploitation et un accès facile en période de pluie.

REALISATION

Pour la réalisation de ces projets, la population est prête à participer en apportant leur contribution.

PLAN DE DEVELOPPEMENT DE TSEMBEHOU (2003-2012)

COMITE DE PILOTAGE DE - TSEMBEHOU –ANJOUAN

Au mois d'octobre 2002 une équipe d'une vingtaine de cadres s'était réunie durant trois jours au Foyer des Jeunes de Tsembéhou pour réfléchir sur un plan qui pouvait permettre à la ville d'entreprendre son développement.

Nous vous présentons les conclusions de ces travaux .

ATELIER N°1

EDUCATION ET CULTURES

Projets

Années

lieu

Raisons

Construction de 7 salles de classe

 

2003

5-Mudriya

2-Mtsimbatsy

15 divisions / 3 salles adaptables

Complément

Bibliothèque 

Encadrement des Associations culturelles

2003

Chaque Ecole

Tsembéhou

Amélioration du niveau de Français

Autogestion

Centre d'initiation informatique (cybercafé)

2004

Tsembéhou

Importance de l'ordinateur et de l'Internet dans la vie

Construction de 8 salles de classe

Pour le lycée

 

 

2005

Moudriya

2 salles de cours

1 salle de sciences

1 salle de chimie

1 salle de physique

1 salle d'histoire-géo.

1 salle de professeurs

1salle de bibliothèque

Construction de 3 salles de classe

2006

Tsembéhou

Enseignement arabo-islamique

Construction de 6 salles de classe

 

2008

2- mudriya

4-Mtsimbatsy

Normaliser les effectifs qui sont de 50 élèves/classe

Construction de 6 salles de classe

 

2012

3 Mudriya

3 Mtsimbatsy

Augmenter le taux de scolarisation. Démographie galopante

Plan d'exécution de construction de salles de classe

2003

Mudriya &

Hamudu

Prévenir les constructions privées

ATELIER N°II

FORMATION PROFESSIONNELLE

Population cible :jeunes chômeurs sans qualification

ACTIONS

DATE

GROUPE CIBLE

LIEU

RESPONSABLE

Formation des jeunes ayant quitté l'école.

Recrutement par groupes :

Maçonnerie, plomberie, menuiserie soudure,

artisanat, électricité, mécanique

2004

Jeunes

déscolarisés

CFP Ouani

Zaïdou

Energies renouvelables (Foyers améliorés)

2003

Femmes

Tsembéhou

Zaenti Malidé

Formation Femmes :

Couture

Pratiques culinaires

2003

Femmes

Ecole Ménagère

Tsembéhou

Ansulat

Fatima Allaoui

Fatima Mdallah

Formation Agriculteurs

Formation Eleveurs

Formation Pêcheurs

2003

2003

2003

Agriculteurs

Eleveurs

jeunes

CEA/Tsembéhou

CEA/Tsembéhou

Ecole de Pêche

Faïdane

Ibrahim Malidé

Abdou Malidé

Centre Informatique

2004

Fonctionnaires & Assimilés

 

2004

Dhoydine

Anli Said

Said Mahamoud

M. Boudouri

ATELIER N° III

SANTE ET HYGIENE

Ressources humaines, Ressources matérielles, Ressources financières

Le Centre de Santé de Tsembéhou

Construction de nouveaux locaux :

-Maternité

-Médecine

-Administration

La construction d'une clôture

La construction d'un incinérateur, unité de radiologie, Echographie.

Formation et recyclage du personnel technique.

Formation des jeunes sur la santé de la reproduction

Renouvellement et renforcement du Comité de Gestion du CST.

Santé scolaire

Création des incinérateurs dans les différents quartiers de la ville de Tsembéhou

Organiser régulièrement des conférences débats au Foyer des Jeunes sur la Santé et l'Hygiène.

 

ATELIER IV

ENVIRONNEMENT

 

1) ENERGIES

*Bois de feu

-plantation des bois (bosquets)

-foyers améliorés (en argile)

-projet gaz( cuisine)

•  Valoriser les autres énergies présentes aux Comores

(pétrole, solaire, hydraulique …)

2 ) PROTECTION DES FORETS

*Gestion du patrimoine commun du Ntringui

*Multiplication des espèces (arbres) locaux

*protéger certaines zones :

-sommets des montagnes

-berges des rivières

*Arrêt de l'exploitation non contrôlés des forêts

-toutes espèces

-Fougère

*la protection des chauves souris de Livingstone

3 ) ASSAINISSEMENT

organiser des Journées de Nettoyage des ravins

-cimenter les ruelles principales

•  Ordures ménagères

•  Construire 3 incinérateurs

•  Reboisement des captages

- Célébrer activement chaque année la journée mondiale de l'Environnement

4) Education :

insérer la question de l'Environnement dans les programmes scolaires

ATELIER N° V

EAU POTABLE

 

L'AN 2002

Re dynamisation du Comité de Gestion de l'Eau

Rédiger et faire adopter un Code de l'Eau

Participer activement à l'atelier sur l'Eau du 15-16-17 octobre à Tsembéhou

 

L'AN 2003

Reboisement des captages

Réhabilitation du réseau

Réparation des tuyaux et robinets( en fuite)

Construction d'un château d'eau à Bandrani

L'AN 2004

Renouvellement du réseau d'adduction d'eau de Tsembéhou

ATELIER VI

AGRICULTURE

•  Désenclaver les zones agricoles (rouvrir les anciennes pistes rurales)

•  Eau pour l'Agriculture(irrigation)

Dzia Lambouini

Dzia la Wutsounga

•  former des artisans pour l'Agriculture

Fabrication des outils adaptés

Réparation d'outils

•  Donner un crédit de Campagne

Un crédit pour la multiplication d'arbres fruitiers

•  Urbanisation et terre cultivable

Appui à une unité de concassage gérée par un groupement villageois

Organiser et encadrer les paysans

Contrôle des Ventes des parcelles de Hamriyo, Mtsimbatsy et Hamahoma

ATELIER VII

Infrastructure et Médias

•  Infrastructures

Construction des caniveaux et digues

Clôturer le cimetière central

Construire de petits ponts :

Djifou

Mdallah Oili

Daoud Souf

Coco Mari Oili

Halifa Hamoudou

Mtsimbatsy

Assainissement

Route place publique- Ecole primaire de Hamoudou-Bandrajou

Dagolaju-Boko-Bandraju

Sohamwé

Nkomaju-Bandraladzumwényé

Gendarmerie- Bandrani

Madrassa

Agrandissement Place publique

Réhabilitation de la Mairie

Réhabilitation Ecole primaire

Eclairage public

MEDIAS

ORGANISER ET SOUTENIR Radio TONIC et TELE TUMPA pour qu ‘elles participent activement au développement de la ville, qu'elles accompagnent la population dans ses efforts de lutte contre la pauvreté.

ATELIER N°VIII

SPORT

Aménagement des stades

MTSIMBATSY :

Football

Athlétisme

Basket ball

DAGOLAJOU:

Handball

Volley ball

Formation des moniteurs

Promouvoir l'Education sportive à l'Ecole

Encadrement des Associations sportives

Pratique du sport à l'Ecole

Personnalités politiques

Voilà les images des députés, ministres, conseillers et chefs réligieux de Tsembéhou des années 60 à nos jours. Il manque effectivement des personnalités dont les photos vous seront parvenues dès que possible.

Député: Bourhane Bacar Cheikh Said Mloulou Député Chadhouli Bacar Ministre: Dahilou Omar

Conseillé: Said Malhana Ministre:Nourdine Bourhane Député/Ministre: Laiddine A. Député: Ali Ada
Député: Ali Attoumani Maire: Azihari Abdallah Maire: Saindou Assane feu ministre: Benali Bacar

Comores

            L'archipel des Comores est situé dans le canal du Mozambique à 200 km au Nord–Est de Madagascar et à 300 km à l'Est du Mozambique. Il comprend quatre îles dont trois (la Grande Comore, Anjouan et Mohéli) constituent l'Union des Comores (UC), Etat indépendant depuis juillet 1975. La quatrième île, Mayotte , est restée sous administration française.

            La population de l'Union des Comores est estimée à 590 000 habitants, [1] dont 66% de ruraux, [2] pour une superficie totale de 1 645 km 2 . La densité de population est donc élevée, en particulier à Anjouan et en Grande Comore. [3] Rapportée à la surface agriculture utile, cette densité est l'une des plus fortes d'Afrique. Le taux de croissance démographique est estimé à 2,6% et l'espérance de vie à 61 ans. La population est très jeune, 43% des comoriens ayant moins de 15 ans. Outre l'émigration, officielle ou non, vers la France (Mayotte et France métropolitaine), Madagascar et la Tanzanie, on observe une migration entre les îles, notamment depuis Anjouan vers Mohéli, moins densément peuplée et plus riche en ressources naturelles.

            Depuis son indépendance, le pays a souffert de troubles politiques récurrents. En 1997, la sécession de l'île d'Anjouan puis de celle de Mohéli ont provoqué une crise majeure, qui a mobilisé l'intervention de l'Union africaine. Une nouvelle constitution, adoptée en 2001, vise à garantir à chaque île une large autonomie au niveau économique, tout en préservant l'unité du pays dans un cadre confédéral. Sur cette base, la situation s'est normalisée progressivement et les programmes qui étaient suspendus ont repris leur cours. Des élections législatives des Assemblées des îles autonomes et de l'Assemblée nationale de l'Union se sont tenues en mars et avril 2004. Il est prévu, dans les mois à venir, que les députés complètent la constitution par l'adoption de lois organiques.

            Ces évolutions constituent des étapes clés dans la normalisation de la situation politique et institutionnelle et devraient favoriser notamment le renforcement de la coopération internationale. Toutefois, des questions importantes restent à régler entre les institutions des îles et de l'Union, en particulier sur la répartition budgétaire et fiscale. Une nouvelle répartition des compétences – qui responsabilise largement les administrations des îles — devrait conduire à une réorganisation des institutions en charge du développement rural.