La veillée d'armes
Un décret présidentiel rendu public le 24 mai dernier vient de fixer le calendrier des élections municipales dans l'île autonome d'Anjouan. Le premier tour se déroulera le 4 juillet et le second une semaine plus tard(11 juillet 2004). L'annonce de cette nouvelle va relancer la course dans les 33 communes de l'île. Le mandant des maires est arrivé à terme depuis mars dernier. Un arrêté ministériel radiodiffusé avait mis fin aux fonctions des maires et avait prévu leur remplacement par une délégation spéciale qui sera composée de personnalités expérimentées. A l'exception de trois ou quatre communes dans lesquelles cet arrêté fut exécuté, dans les autres, ce sont les anciens maires qui assurent les affaires courantes.
A Tsembéhou, la campagne pour les élections municipales sera rude. Les deux principaux camps qui se sont confrontés lors des législatives des îles descendront dans l'arène avec cette fois-ci la volonté réelle de combattre. Ils ne cachent pas leur ambition. Comme l'affirment leurs leaders, ce pouvoir local est d'une importance capitale.
Plusieurs rencontres sont déjà organisées par chacun des deux camps et des noms des futurs conseillers municipaux sont déjà avancés.
Pour leur part, le clan des progressistes qui évolue autour du député Ali Attoumane avait du mal à jouer le jeu d'équilibre entre les différents quartiers. C'était une véritable casse-tête. Dans la commune de Tsembéhou , il leur faut dix conseillers municipaux. Après s'être mis d'accord de repartir équitablement les candidats entre les trois grands quartiers de Chambéjou, Dagolajou et Dagolatsini, le cas de Sohamwé est posé. Les discussions ont traîné sur ce point ; finalement les responsables se sont référés à la loi électorale et ont conclu que la commune de Tsembéhou avec ses 11 456 habitants pouvait avoir onze conseillers municipaux. Si cela se confirme, Sohamwé aura deux candidats et les trois autres grands quartiers auront chacun trois candidats. Ce qui est aussi certain, c'est que cette fois-ci sur la liste de la Force Nouvelle figureront aussi des femmes
Les présidents des îles à Tsembéhou.
Les présidents El Bak, Fazul et Mohamed Bacar étaient venus à Tsembéhou le dimanche 9 mai 2004 pour présenter leurs félicitations aux électeurs qui ont bien voté le 18 avril dernier. Ce voyage à Tsembéhou rentre dans le cadre d'une série de visites organisées par les chefs des exécutifs des îles à Anjouan . Ils ont visité plusieurs régions. 
La salle polyvalente du Foyer des jeunes de Tsembéhou était trop petite pour contenir tout ce beau monde venu accueillir les présidents des îles autonomes de Mwali, Ngazidja et Ndzouni. Si le président Mohamed Bacar, qui était à sa 5è visite , est bien connu dans la ville, il n'en est pas de même pour M Mohamed Fazul de Mwali ou de Mzé Soulé El Bak de Ngazidja, qui étaient tous deux à leur première rencontre avec la ville de Tumpa. La salle était pleine comme un œuf. Et à l'extérieur la foule était encore plus nombreuse.
Initialement prévue de se dérouler à la place de la mairie, cette réception fut finalement organisée au Foyer en raison d'une très forte pluie qui a duré toute la journée du dimanche 9 mai. Officiellement les trois présidents et leur suite étaient attendus à 11h du matin, mais à cause du mauvais temps, les organisateurs tsembéhouens ont demandé et obtenu auprès du protocole présidentiel le report vers la fin de l'après- midi. Compte tenu de ce changement brusque de programme, l'attente a été assez longue. Ellle a duré toute la journée.
C'est finalement vers 19h15 que la délégation présidentielle arriva à Tsembéhou au grand soulagement des organisateurs et du public.
Durant toute l'après-midi, avait couru des rumeurs selon lesquelles le voyage des Présidents était annulé. Savamment entretenue par le clan des Dissidents, cette rumeur avait fait le tour complet de la ville.
En effet, les participants à cette cérémonie ont appris, par la suite, de la bouche du député Attoumane Allaoui dit Andoudou qu'effectivement le voyage a été annulé à trois reprises. Et s'il a été maintenu c'est grâce à son intransigeance. « J'avais dit et répété au colonel Mohamed Bacar que nous devons venir à Tsembéhou ce dimanche, même si c'était au- delà de minuit. » a déclaré le député Andoudou.
L'on a appris par la suite, qu'effectivement M. Takidine Salim, directeur de cabinet du président Mohamed Bacar, aurait essayé de dissuader la délégation de venir à Tsembéhou. Le motif avancé serait le mauvais temps et une éventuelle discorde entre ses partisans et ceux d'Ali Attoumane sur le programme de la cérémonie.
La vérité, c'est que M. Takidine avait essayé de boycotter la visite par amour- propre. Vers midi, alors que la salle polyvalente du Foyer était déjà aménagée, M. Takidine accompagné de M. Mahamoud Allaoui, était venu négocier un réaménagement du programme de sorte que Foundi Absoir de Drindri puisse prononcer un discours. Le comité d'organisation (composé de Dédé, Boudouri ; Nadjib et Djilé) lui expliqua gentiment que sa demande est difficile à satisfaire. L'unique possibilité reste le Fatiha ou la lecture du coran qui pourraient être concédés. Mais M. Takidine n'en voulait pas. Le ton monta alors brusquement et les deux parties se séparèrent sans aucun compromis. C'était donc après cette joute oratoire que M. Takidine aurait pris la décision d'aller boycotter la réception.
Entre temps les partisans du député Ali Attoumani se sont souvenus que trois jours plutôt M. Takidine qui faisait partie des membres du Cabinet présidentiel qui organisaient le voyage, avait délibérément fait inscrire le nom de l'ex-député Ali Ada, à la place d'Ali Attoumani, sur la liste des personnes à qui la présidence devrait remettre l'enveloppe pour préparer la réception. Cependant la présence du député Ali Attoumani, à la présidence de Patsy, le jour de la distribution de ces enveloppes lui a permis de récupérer l'argent et organiser avec ses amis la réception, au grand dam du camp adverse qui a tout tenté et espéré de préparer, seul, cette cérémonie.
De l'avis d'un journaliste de Radio Télé Anjouan, la réception de Tsembéhou est de loin la plus réussie de toutes les réceptions organisées dans l'île durant le séjour présidentiel. .Les gens parés de leurs plus beaux habits étaient venus nombreux accueillir les trois présidents et leur suite.
Dans son discours M. Adoudou s'est montré comme étant un grand défendeur des intérêts de la population. Ayant pris les trois chefs des exécutifs des îles à témoin des problèmes cruciaux auxquels la Cuvette est confrontée il a évoquant, tour à tour, la question de la route dans un état de dégradation avancée, le manque de téléphone et le problème d'emploi. Le député a su séduire l'assistance.
Pour sa part, le président El Bak de Ngazidja a émis le souhait de revenir à Tsembéhou , pendant la journée, afin qu'il puisse mieux découvrir la ville et ses habitants.
Prenant la parole le dernier, le président Bacar a chaleureusement félicité la population, il la exhortait à mieux s'unir car c'est l'union qui fait la force.
Tsembéhou, capitale du roman comorien.
La quasi-totalité des écrivains comoriens était à Tsembéhou le 4 mai dernier pour une conférence-débat sur la littérature comorienne. De 16 h 00 à 22 h00, la quinzaine de conférenciers ont tour à tour répondu aux questions d'un public venu nombreux composé surtout d'enseignants et de lycéens. Sous le thème, la littérature comorienne : quels projets, quelles urgences et quelles priorités ? Nos écrivains venus de Mwali, Mayotte, Ngazidja et de Ndzouani ont parlé aussi de leurs ouvrages et de leurs expériences. Ils ont également prodigué des conseils aux participants, leur demandant de prendre la plume et d'écrire. De profiter de ce qu'actuellement il y a des éditeurs comoriens animés de bonne volonté prêt à publier les différents travaux.
Ils étaient presque tous là, les belles plumes comoriennes : Abdou Salam Baco, Salim Hatubou, Hamza Soilhabou, Nassur Attoumane, Abdou Djabir, Haïdar, Saindoune Ben Ali, David Jaomanoro etc. Ils étaient également présents les libraires Ahamed Chamanga et J.C. Pichard. 
L'émotion était vive au Foyer des Jeunes, lorsque M. Ahamed Chamanga a voulu rendre hommage au regretté Andhume Houmadi, natif de Tsembéhou. Il eut la gorge serrée. La douleur et l'émotion d'évoquer en pareille circonstance un être qui lui était cher l'empêchèrent de parler. A deux reprises, il essaya d'évoquer la mémoire de ce grand patriote, de cet intellectuel hors pair, mais les mots ne sortaient point. Il passa ensuite le micro à son collègue, demanda un verre d'eau avant de se ressaisir. Il interviendra plus tard pour révéler que M. Andhume Houmadi, avant de mourir lui a fait parvenir un manuscrit d'un roman intitulé « Au parfum des îles ». D'après M. Chamanga ce roman sortira au mois de novembre prochain.
Faudra-t-il souligner que ces écrivains étaient à Anjouan dans le cadre de la célébration du 10è anniversaire de la Bouquinerie d'Anjouan. Située à Mutsamudu cette unique librairie de l'île, en réussissant à réunir autant d'écrivains, vient donc de donner un coup de pouce à la littérature comorienne.
Plusieurs conférences sur le thème « Littérature : mémoire et identité » ont été aussi organisées à Moya, Sima, Ouani et à Mutsamudu.
Après leur séjour à Anjouan, ces écrivains scrutent, actuellement, la possibilité de créer une association des écrivains comoriens et d'organiser, d'une façon tournante, tous les ans, un salon de livres dans les différentes îles de l'archipel.
Le recteur de l'université de Tuléar parmi nous
Le recteur de l'université de Tuléar a visité dernièrement la ville de Tsembéhou. Accompagné de trois de ces collègues malgaches, tous missionnaires à l'Université de Patsy, le recteur était invité par le collectif des étudiants tsembéhouens sortant des universités et écoles supérieures de Madagascar. Nos quatre hôtes avaient donc mis à profit ce séjour pour visiter l'école primaire, la Poste et des Télécommunications, le Foyer des Jeunes et le marché. Ils n'avaient pas manqué de faire aussi un petit crochet et visiter le studio de Télé Tumpa.
Une semaine plus tard, à l'invitation cette fois-ci du CLAC (Centre de Lecture et d'Animation Culturelle) le recteur a donné une conférence-débat sur l'Environnement. Plus de trois cents personnes avaient assisté à cette conférence - débat qui était, de l'avis de tous, bien animé.
Politique : une force nouvelle
Deux semaines après les élections législatives des îles et de l'Union, la physionomie politique de Tsembéhou a carrément changé. Vient d'être émergée une nouvelle force politique autour du député Ali Attoumane qui veut se montrer efficace. Ayant remporté haut la main les deux élections législatives des îles et de l'Union, le groupe vient d'organiser avec succès le Maoulid, la cérémonie d'anniversaire du prophète Mouhamad(SAW). Les deux manifestations, le Tari(samedi) et le Maoulid(dimanche), bien préparées et réalisées, ont vu la participation d'une foule immense et radieuse.
La réussite de cette manifestation est à mettre effectivement à l'actif de ce groupe qui évolue autour du député. C'est d'ailleurs ce dernier qui a lu le premier chapitre du Barzangui lors du Maoulid.
Galvanisé par les résultats des législatives de l'Union, le groupe, baptisé désormais Force Nouvelle, bénéficie du soutien et de la sympathie de la population.
Autre temps, autre signe. Cette année, la tenue du deuxième Maoulid s'est déroulée sans que le camp de la Force Nouvelle ne soit préoccupé. On avait la nette impression qu'il avait souhaité que le camp des dissidents organise son Maoulid comme il l'a toujours fait il y a quatre ans.
La tenue de ce second Maoulid dans le calme et la sérénité est sans doute une preuve de maturité. En effet depuis déjà quatre ans, le groupe de M. Takidine Salim voulant faire bande à part, organise le jour anniversaire du prophète une deuxième manifestation. Tenue loin de la mosquée de Vendredi, cette manifestation rassemble exclusivement des Wakutruzi(séparatistes) de Tsembéhou. Par le passé, ce deuxième maoulid, qui se révèle comme étant le signe de la division de la ville, dérangeait. Les différentes tentatives pour rapprocher les deux parties ont échoué. Grave encore, les dissidents ont fait de ce maoulid, l'étendard de la division.
Pour certains observateurs attentifs de l'évolution politique de Tsembéhou, l'organisation de ce second Maoulid, cette année, n'est pas un signe de bonne augure. C'est la manifestation de la radicalisation de ce camp qui jure de ne plus s' associer avec les autres.
D'autres observateurs estiment par contre que ce maoulid est la dernière manifestation de désespoir d'un clan en difficulté. Pour éviter la débandade, les responsables de ce clan utilisent tous les artifices pour mobiliser leurs hommes. Avec en perspective les élections municipales.
On aurait plutôt espéré qu'après toutes les péripéties, la ville de Tsembéhou fasse à présent son unité, mobilise toutes ses énergies pour entreprendre son développement.
Maoulid : En toute sérénité
La date anniversaire du prophète Mouhamad(SAW) a été célébrée à Tsembéhou, dans la nuit du 2 mai 2004 avec tous les honneurs. La Force Nouvelle a organisé la cérémonie commémorative dans la mosquée de Vendredi tandis que les Dissidents ont tenu la leur dans l'enceinte de la Mairie.
La mosquée de Vendredi était pleine comme un œuf. Et comme il se doit, les personnes âgées ont pris place dans les premiers rangs , les jeunes et moins jeunes derrière.
Plusieurs manifestations ont précédé cette fête : Tari et Nkandza. Cette année, c'est un groupe folklorique de Ouani qui était invité à venir jouer ensemble avec trois autres groupes de Tsembéhou. Faudrait-il souligner que ces quatre dernières années, c'était toujours une association de Domoni qui venait accompagner les Tsembéhouens dans cette fête.
Jour de prières, de sermons et de méditations, cette date anniversaire est aussi pour les musulmans comoriens un jour béni. Les parents pourraient circonscrire les jeunes garçons, raser les cheveux des enfants et pourquoi pas contracter un mariage.
Sport: Etoile Filante en D1
Ca y est ! C'est officiel. L'équipe Etoile Filante de Tsembéhou jouera la saison prochaine en Première Division. Cette montée dans la cours des grands est accueillie avec joie et soulagement par les joueurs et par la population tout entière. C'est une chance inespérée.
Inespérée parce que dans le classement final du championnat, Etoile Filante occupe la 4è place, derrière Style Nouvel, Eclypso, et Mignamba. Alors que dans le règlement footbalistique comorien seules les deux premières équipes de la Division II monte en Première Division. Au même moment, les deux derniers clubs de la D1 descendent en D2.
Ainsi cette année, seules devraient monter en D1 Mignamba (Domoni) et Eclypso(Ouani). Si Style Nouvel de Sima et Etoile Filante étaient admises en D1, c'était parce que pour des raisons d'indiscipline les équipes Gombessa de Mutsamudu et Ziara de Sima ont été durement sanctionnées. Elles sont rétrogradées. Gombessa en D2 et Ziara en D3. Et comme on devait garder le nombre de clubs de D1 à dix on a repêché Style Nouvel et Etoile Filante.
C'est la première fois, depuis 1990 que la formation de notre ville joue dans cette catégorie des Grands du football anjouanais. A chaque fin de saison nos joueurs se plaignaient beaucoup de la partialité des arbitres qui régulièrement les désavantageaient. Ils parlaient souvent de complots plus ou moins réels visant à les empêcher d'évoluer en Première Division.
A présent que la chance leur a souri, toute la question est de savoir si les joueurs pouvaient se maintenir dans cette catégorie et prétendre un jour remporter le titre de champion d'Anjouan.
Du coup la tâche s'annonce très compliquée sur tous les fronts. D'abord du point de vue logistique, Etoile se trouve démunie presque de tout : souliers, tenue, argent et ballons.
Plus dure encore, l'état du terrain de Mtsimbatsy. Des clubs de la D1 émettent des réserves de venir jouer sur ce stade. Ils estiment que ce stade est impraticable. La ligue partage dans une certaine mesure cette opinion. Alors si d'ici fin août, date du début du championnat, le stade n'est pas réhabilité, les joueurs de Tsembéhou seront contraints d'aller jouer leurs matches à Bambao Mtsanga ou à Ongoni. Avec toutes les conséquences que cela comporte.
Réhabiliter ce stade ne demande pas beaucoup de moyens. L'entraîneur du club, M. El Kabir estime qu ‘avec la somme de 250.000 francs comoriens l'on peut facilement aplanir ce stade qui vient de connaître ces dernières années des dénivellements importants.
Cette somme ne constitue pas un fardeau pour la ville de Tsembéhou. Cependant on peut penser que les responsables, peu sociables, ne prennent aucune initiative de soumettre ce problème devant la communauté. Ils comptent entreprendre des démarches auprès des autorités politiques pour obtenir des fonds. Mais au rythme où évoluent les choses, l'espoir s'amenuise de voir ce stade être réhabilité avant le début du championnat( fin Août).
L'autre grand défi auquel Etoile Filante se trouve confrontée reste la question du budget. Au minimum il faut à ce club la somme de 750.000 francs comoriens pour assurer ses déplacements, sa nourriture, des médicaments et quelques fournitures.
Après tous ces problèmes et bien d'autres que je n'ai pas pu citer, la situation au sein de ce club interpelle tout le monde : les Tsembéhouens et les hommes de bonne volonté.
Classement D1
Clubs |
Etoile d'Or |
Gombessa |
Comorozine |
Citadelle |
Chirazienne |
Faigaffe |
Ziara |
AJSM |
Ngazi |
Atlético |
Points |
38 |
30 |
29 |
29 |
26 |
23 |
23 |
21 |
18 |
9 |
Classement D2
Clubs |
Mignamba |
Eclypso |
Style nouvel |
Etoile Filante |
Sport Club |
Djacasse |
Amical |
Kaza |
Chababi |
Racine |
Points |
37 |
33 |
32 |
30 |
28 |
22 |
18 |
18 |
15 |
12 |
Une nouvelle équipe à la mairie.
Un arrêté ministériel vient d'être rendu public le mercredi 9 juin 2004. Il porte la nomination d'une Délégation Spéciale dans la Commune de Tsembéhou pour « assurer la transition et expédier les affaires courantes jusqu'à la tenue des élections municipales, prévues le 4 juillet prochain pour le premier tour et le 11 juillet pour le second tour.
Il s'agit de M. Anzadi Malidé qui exercera le rôle de maire, de Saendati Baco Bacar et de Halima Billet. Cette équipe vient de remplacer le maire Saindou Assani et son adjoint Mahamoud Allaoui dont le mandat a expiré depuis le 2 mars dernier. Un arrêté ministériel avait mis fin, le 14 avril dernier, à leur fonction et avait prévu leur remplacement par la Délégation spéciale.
Cette nomination est accueillie avec satisfaction par l'Alliance qui espère à travers ce geste un signe que l'un de leur sera, à coup sûr, le premier magistrat de la ville.
La réaction des Séparatistes se fait encore attendre. L'on sait seulement qu'après la diffusion de cet arrêté sur les ondes de la RTA (Radio Télé Anjouan) ils se sont réunis subitement.
On peut facilement deviner leur colère, eux qui ont toujours considéré la mairie comme un poste propre aux Séparatistes. D'ailleurs, disaient-ils, c'étaient eux les séparatistes qui ont « libéré » Anjouan.
Après l'échec aux législatives des îles, ils ont fait juré de tout faire pour ne pas rater les municipalités. « Pour nous, les municipalités sont une question de vie ou de mort » « Ha hufa awu ha wupvona nawasi risizipara zi voté » disaient-ils. Cependant à 5 jours de la fin du dépôt des candidatures, ils n'ont pas encore pu arrêter la liste des candidats. Le retrait de Tamoudjida et l'hésitation de Saindou Said Ali les placent dans une position difficile.
Saendati Bacar nommée Maire de Tsembéhou
C'est Mme Saendati Baco Bacar
(2è à droite et le ministre en lunettes ) qui est nommée chef de la Délégation spéciale à la mairie de Tsembéhou. Elle assure donc les affaires courantes jusqu'à l'élection début juillet d'un nouveau conseil municipal. Elle joue donc le rôle d'un maire. Mercredi 16 juin le ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation M. Djanfar Salim était à Tsembéhou pour procéder à la passation de service entre le maire sortant et la Délégation Spéciale. La cérémonie s'est déroulée dans le calme.
M. Djanfar Salim dans une longue intervention en français a rendu un grand hommage au maire sortant et a souhaité beaucoup de courage à la nouvelle équipe. A la demande de M. Takidine Salim, le ministre a accepté d'ajouter deux autres personnes du clan des wakutruzi dans la liste de la délégation Spéciale. M. Takidine et ses hommes estiment que les trois personnes nommées la semaine dernière appartiennent toutes à l'Alliance pour le Renouveau et le Développement(ARD). Il a ainsi proposé MM.Charikane Houmadi et Said Ahamadi, le suppléant du candidat malheureux aux législatives de l'île. Un arrêté additif rendu public le 17 juin rallonge ainsi la liste de la délégation qui compte désormais cinq membres.
Ce qui est épatant dans cette affaire, c'est que jusqu'à la dernière minute les wakutruzi n'étaient pas convaincus que le changement allait avoir lieu. Ils avaient toujours juré qu'ils y sont et qu'ils y restent. Durant toute la matinée du mercredi, ils avaient envahi la place de la mairie. Hommes et femmes accueillaient par des huées l ‘arrivée des responsables de l'ARD. Vers 9h30, la tension monta d'un cran lorsque M. Aswili, un notable, qualifia de bêtises le comportement insolent de certains wakutruzi. Déchaînés, ils ont manqué de peu d'en venir aux mains. Il a fallu la force de persuasion de certaines personnes de bonne volonté pour calmer les esprits. Vers midi, le ministre arriva précédé de son cabinet et d'un magistrat.
Quelques instants auparavant, l'ex-député Ali Adda s'est battu bec et ongle pour que la camera de télé Tumpa ne pénètre à l'intérieur de la salle de réunion. Ses collègues wakutruzi et lui ne voulaient pas que la cérémonie soit filmée. Ils ont un grief contre cette chaîne de télévision qui ne les avait pas suffisamment filmés, le 9 mai dernier, lors de la réception au Foyer des Jeunes de Tsembéhou des présidents des îles. Evitant toute polémique qui aurait perturbé la cérémonie, le caméraman n'a pas cherché à faire du forcing et il a obtenu une interview du ministre réalisée lors du cocktail.
La liste des Candidats aux élections municipales.
La campagne est ouverte
Depuis le 21 juin dernier la campagne électorale bat son plein à Anjouan. Ce ne sont pas encore les grands rassemblements, mais pour ce début, les candidats aux élections municipales du 4 juillet privilégient le porte-à-porte et les réunions préparatoires. A Tsembéhou, la campagne sera houleuse. Deux listes sont en lice. La première conduite par Foundi Azihar Abdou bénéficie du soutien de l'ARD, celle qui a fait élire Ali Attoumani député de la ville au mois de mars dernier. Encouragés par les 51,03% obtenus lors des législatives, l'ARD multiplie les contacts en direction des électeurs de la candidate malheureuse aux législatives, Mme Nourou Attoumane. L'ARD considère ces électeurs comme étant leurs alliés naturels dans la lutte contre les Wakutruzi. Ces derniers ont désigné M. Ahamed Moussa tête de liste.
Voilà la liste des 10 candidats wakutruzi : Ahamed Moussa, Salim Galy, Abdou Abdallah (Mtrouni), Houmadi Ahamed, Soilihi Combo, Hayiridine Youssouf, Attoumane Bacar (Bahé), Fakidine Ahamed(Djibo), Attoumane Houmadi, Saindou Said Ali.
Voilà celle de l'Alliance: Foundi Azihar Abdou, Ahamadi Soumaïla (Alphonse), Ahamadi Ousseni, Madjidi Saindou, Fatima Billlet,Youssouf Malidé, Soulaimana Assani(Bwana Bwana), Youssouf Baco, Bourhane Malidé, Said Ali Abdallah..
Azihar Abdou , maire de Tsembéhou
'est avec des cris de joie, des danses de rue et des youyous que les électeurs et électrices de la liste de Foundi Azihar ont accueilli les résultats des élections municipales du 4 juillet 2004 à Tsembéhou. Jamais élection n'était pleine de suspense, à Tsembéhou, que celle du dimanche 4 juillet. Les électeurs penchés devant l'écran de leur téléviseur, l'angoisse sous la gorge, n'étaient finalement libérés qu'après l'annonce des résultats du dernier bureau de vote de Tsembéhou II. Tant le score était serré. Télé Tumpa, équipée d'un ordinateur pour la circonstance, donnait progressivement les résultats. Au studio, les invités de l'Alliance qui soutient Foundi, la mine fermée, l'émotion à son comble, suivaient les résultats. A l ‘annonce des derniers résultats, des vivats et autres cris de joie à n'en plus finir remplissaient le studio. Des scènes de joie et de congratulations. Ils étaient tous là. Les Nourdine Djaza, Nadjib, Djilé, Darousse, Boudouri, Simédou etc.
M. Azihar Abdou, mieux connu sous le nom de Foundi, arriva au studio vers 20h30mn ; s'agenouilla, exécuta deux soudjouda( prière)-en direct- avant de s'adresser à la population. Ses premiers remerciements, il les adressa tout humblement à ceux qui ne l'ont pas voté. Il exprima ensuite ses profonds sentiments de joie et de reconnaissance à la population et déclara solennellement que désormais le Wukutruzi(le séparatisme) est enterré.
Ce maître d'école cornique, hatub à la mosquée de Vendredi, exerce depuis le début des années 80 au Centre d'Etat civil de Tsembéhou. En 1988 il fut même nommé pour quelques mois chef de Canton. Président du comité de Pilotage depuis 1997, Foundi comptait parmi ses réalisations, la construction de l'Ecole primaire de Tsembéhou- Hamoudou. (2001-2002)
Jaloux de l'indépendance des Comores, il a milité dans le Parti Socialiste Comorien (PASOCO).
Son élection à la tête de la mairie de Tsembéhou a été accueillie par des manifestations de joie et de danse. Lundi après-midi, à bord d'un véhicule escorté de deux motos, Foundi fait le tour complet de la ville et le soir une soirée musicale égaya ses électeurs jusqu'à tard dans la nuit. Le samedi 6 juillet un wadaha géant (danse du pilon) rassemblera toutes ses électrices.
L'enjeu de cette élection était de taille. Les adversaires de Foundi, à la tête desquels se trouvaient M. Ahamed Moussa avaient beaucoup misé sur cette élection pour rester sur la scène politique locale. Ils savaient d'avance qu'un échec signifiait pour eux débandade.
Ils avaient demandé et obtenu le symbole « Etoile » pour leur bulletin. Les partisans de Foundi ont préféré garder la « Pomme ». Les mêmes symboles et les mêmes clans que lors des élections législatives des îles qui ont vu le triomphe de la « Pomme ». Cette fois-ci, c'est encore la Pomme qui a triomphé. Ce qui fait dire à un observateur attentif de la scène politique tsembéhouenne que décidément les Tsembéhouens ont décidé de changer.
L'enjeu était de taille, disais-je. La menace était aussi grande. Pour parer à toute éventualité le ministère de l'Intérieur avait envoyé, à Tsembéhou, un nombre important de gendarmes. Cette présence très remarquée des hommes en kaki n'a pas du tout gêné la population. La menace était réelle et les co-équipiers de M. Ahamed Moussa, particulièrement très actifs, depuis l'ouverture de la campagne, juraient à qui voulait les écouter qu'ils gagneraient les élections y compris par la force.
Pour eux, cette élection est « une question de vie ou de mort ». Dans un de leurs 3 meetings organisés lors de la campagne électorale une oratrice avait lancé que le dimanche par tous les moyens l'Etoile triomphera.
Effectivement la présence des gendarmes aux alentours des bureaux de vote a dissuadé les provocateurs mais ne les a pas empêchés de mettre en exécution leur plan de sabotage des bureaux de vote de Tsembéhou II.
Lors des législatives des îles, la Pomme d'Ali Attoumani avait obtenu plus de 70%de suffrage dans ces deux bureaux. Les partisans de l'Etoile avaient alors estimé que l'annulation du scrutin dans l'un de ces deux bureaux pourrait constituer une chance pour eux de remporter cette élection.
Effectivement vers 8h20,une panne de courant qui a plongé dans l'obscurité les trois localités de la Cuvette est venue perturber le décompte. La panne a duré une trentaine de minutes. Le temps pour les partisans de Foundi de téléphoner à la Centrale pour vérifier. La direction de l'EDA (Electricité d'Anjouan) n'a enregistré aucune anomalie. La panne était donc partielle et concerne uniquement la Cuvette. Une équipe fut alors envoyée par M. Mohamed Bacar, directeur commercial de l'EDA originaire de Tsembéhou pour vérifier et rétablir le courant au niveau de Msakini. Ce qui fut fait. Lorsque le courant fut établi, l'on remarqua après le décompte dans le bureau de vote de Tsembéhou II que le nombre d'enveloppes dépasse les émargements. La différence de cent enveloppes fait donc croire qu'il ne s'agit pas d'une erreur de marquage mais d'une fraude organisée visant à faire invalider le scrutin dans ce bureau.
Des enveloppes en surnombre entraînent donc l'annulation des résultats du bureau de vote. S'il en est ainsi, le score de la liste de Foundi sera revu à la baisse. Il sera alors de 52,36%, ses adversaires obtiendront 47,64%.
En attendant l'homologation de ces résultats, les partisans de Foundi continuent à manifester leur joie. Lundi soir Mgodro et le mardi 6 juillet Wadaha animés par l'orchestre Wudjama Music de Tsembéhou. Un grand maoulid est également prévu mais la date n'est pas encore rendue publique.
Une page est tournée: Fundi Azihari le nouveau maire vec l'élection de la liste de Foundi, c'est une nouvelle page de l'Histoire de Tsembéhou qui vient de s'ouvrir : celle de l'espoir, de la démocratie et du développement. C'est du moins ce que prétendent les artisans de cette victoire. Effectivement l'équipe qui entoure Foundi Azihar, composée de cadres, de chefs religieux et de beaucoup de jeunes s'est toujours illustrée par sa participation active aux différents travaux de développement communautaire. C'est surtout les membres de cette équipe qui occupent le devant dans les associations sportives, musicales, culturelles et de développement communautaire.
La cohésion et le dynamisme de ce groupe pouvaient effectivement faire changer beaucoup de choses à Tsembéhou. La communauté tsembéhouenne figure parmi les plus actives de l'île. Déjà à son actif plusieurs réalisations spectaculaires pour la mise en valeur de la ville. On peut citer au passage le Foyer des Jeunes, l'adduction d'eau de Hambajé, les Ecoles de Hamoudou l'assainissement de la ville, l'éclairage public, etc. la liste est longue. Tsembéhou fut avec Mutsamudu les seules villes de l'île qui bénéficient d'un éclairage public supprimé depuis 2001 par la défunte CEE( la Comorienne de l'Eau et de l'Electricité). Tsembéhou a rétabli son éclairage public l'année dernière.
Si une page s'ouvre, c'est que tout naturellement une autre s'est fermée. C'est celle du séparatisme, de la division et du dénigrement.
Les Tsembéhouens ont intérêt à refaire leur unité, à s'organiser davantage pour relever les nombreux défis qui se dressent devant eux. A se mobiliser pour construire leur localité.
Résultats non officiels du scrutin du 4 juillet.
Bureaux |
Inscrits |
Votants |
Nuls |
Suf Exp |
Azihar |
|
Moussa |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Tsembehou I |
412 |
315 |
4 |
311 |
200 |
64,31% |
111 |
35,69% |
Tsembehou II |
458 |
327 |
18 |
409 |
250 |
61,12% |
159 |
38,88% |
Tsembehou III |
485 |
342 |
6 |
336 |
177 |
52,68% |
159 |
47,32% |
Tsembehou IV |
472 |
334 |
1 |
333 |
177 |
53,15% |
156 |
46,85% |
Tsembehou V |
379 |
275 |
4 |
271 |
153 |
56,46% |
118 |
43,54% |
Tsembehou VI |
482 |
344 |
0 |
344 |
130 |
37,79% |
214 |
62,21% |
Tsembehou VII |
256 |
183 |
1 |
182 |
93 |
51,10% |
89 |
48,90% |
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Totaux |
2944 |
2120 |
34 |
2186 |
1180 |
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1006 |
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Pourcentage |
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53,98% |
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46,02% |
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Tsembéhou à la croisée des chemins
Par Boudouri: Les Tsembéhouens en âge de voter sont appelés le 4 juillet à élire les dix conseillers municipaux qui dirigeront la Commune pendant les quatre prochaines années. Ce sont ces élus qui éliront le maire de la ville. Un scrutin décisif pour l'avenir de cette localité qui a connu durant ces huit dernières années la période la plus sombre de son histoire. Jamais la susceptibilité entre les 3 principaux quartiers n'a été aussi aiguë, la division entretenue, la haine instituée.
Les événements de 2 mars 2003 ont été la conséquence de cette désunion. L'on se rappelle que ce 2 mars, à la suite d'une bagarre entre des jeunes de Tsembéhou et ceux d'un village voisin, un escadron de la gendarmerie est venu rétablir l'ordre par la force des armes. Passé le temps de la stupéfaction, période pendant laquelle le tout Tsembéhou était unie, les démons de la division ont par la suite refait surface.
Quelle dose d'inconscience faudrait-il pour continuer de refuser l'unité de Tsembéhou? Et pourtant les atouts sont là, visibles. Parce qu'ils étaient unis, les Tsembéhouens ont renouvelé, en un temps record, le réseau d'adduction d'eau qui alimente la ville. Parce qu'ils parlaient d'une même voix, ils ont demandé et obtenu la création de la Commune et la nomination de M. Takidine Salim à la Présidence de l'île. La liste est longue.
Les dernières élections législatives et la réception des présidents des îles à Tsembéhou ont constitué des occasions qui loin au lieu de favoriser le rapprochement ont malheureusement exacerbé le désaccord entre les deux clans.
D'un côté celui des Wakutruzi (séparatistes) dirigé par M. Takidine Salim. Autour de lui se trouvent Ahamadi Allaoui, Anli Ahamadi, Ali Ada, Daoud Assani et Mahamoudou Allaoui. Ce sont eux qui ont présidé aux destinées de la ville ces 8 dernières années.
De l'autre côté, une force nouvelle qui veut changer les choses. Baptisée Alliance pour le Renouveau et la Démocratie (ARD), cette force regroupe le Député Ali Attoumani, Ahamadi Rachidi, Darousse Houmadi, Dahilou Omar, Dédé, Boudouri, Nadjib, Anli Mloulou, Anzadi, Amir Moustoifa etc.
C'est ce groupe qui a fait élire avec succès Ali Attoumani, député de Tsembéhou. Il a aussi soutenu, avec brio, la candidature de M. Andoudou aux élections législatives de l'Union.
Pour les municipalités en perspective, il y aura, sauf dénouement de dernière minute, au moins deux listes. La liste des Wakutruzi et celle de l'ARD. L'enjeu est de taille. Car il y va de l'unité de la ville. Incontestablement la liste de l'ARD part largement favorite.
La seule défaite des Wakutruzi ne peut probablement constituer une chance pour l'unité de Tsembéhou, si celle-ci n'est pas d'abord profondément voulue par les séparatistes eux-mêmes. Toutefois une très lourde défaite qui provoquera la débandade au sein de ce clan constituera un signal fort qui les persuadera de la nécessité d'œuvrer ensemble pour la construction de la ville.
On attendait alors un geste fort de la part de ceux qui dans ce dénouement, pouvaient être considérés comme les vainqueurs, en l'occurrence les responsables de l'Alliance. La prudence et la vigilance doivent être de mise.
L'attente pour parfaire l'unité de la ville a duré 8 longues années, au cours desquelles on a pu craindre que l'amour propre, une fois encore, allait l'emporter sur le bon sens.
Il faudrait, avec modestie, en finir rapidement avec ce conflit, incontestablement le plus éprouvant de l'histoire de Tsembéhou. Il a profité à des apprentis–sorciers pour le plus grand malheur de la population. Ces chacals, qui sont à Tsembéhou et dans les autres localités, ne se résigneront pas facilement à voir notre ville emprunter la voie de l'unité. Les Tsembéhouens auront bien tort à les sous-estimer. Tsembéhou aura, effectivement, besoin du temps et du soutien pour panser ses plaies. Pour sa part le président Mohamed Bacar de l'île autonome d'Anjouan, mise beaucoup sur l'équipe autour du député Ali Attoumani, pour construire et renforcer cette unité de Tsembéhou et celle de la région. Il l'avait dit à des cadres qu'il avait reçus chez lui à Barakani, au mois de mars dernier en présence de M. Andoudou, alors candidat..
Il reste à l'équipe du député Ali Attoumani à s'appuyer sur toutes ces bonnes volontés pour réussir l'unité. Tsembéhou tout entière lui saura gré et l'histoire lui ferait sans doute une place glorieuse.
L'Alliance pour le Renouveau et la Démocratie doit peser de tout son poids pour faire admettre cette idée d'unité dans l'esprit de tout un chacun. Il y va, encore une fois, de l'avenir de Tsembéhou.
La construction de la mairie:L'idée fait son chemin
écidément quand les Tsembéhouens s'engagent rien ne les arrête. Aussitôt après avoir dit qu'ils allaient construire un nouveau bâtiment qui abritera les services administratifs de la mairie, les travaux ont débuté et évoluent harmonieusement. Le terrain est déblayé, les piquets implantés, des équipes se relayent pour fabriquer les agglos. Bref ! Le chantier marche.

Inutile de préciser que l'ouverture de ce vaste chantier le vendredi 6 août 04 a surpris plus d'un. Elle est survenue une semaine seulement après l'organisation d'une soirée de Méga Tari qui a permis de recueillir l'importante somme de 471.000 F comoriens. C'est la première fois qu'une manifestation de ce genre rapporte autant de recette. Ils étaient très nombreux, les hommes, les femmes et les jeunes à venir dans un élan de solidarité sans faille apporter leurs billets de banque au rythme du Tari pour la construction de leur mairie.
Quelques jours auparavant une quête organisée à Tsembéhou et à Mutsamudu a permis de collecter du ciment, des planches et des contreplaqués estimés à 500.000 F.
Autant dire que l'équipe de Hadj Azihar Abdou, le nouveau maire, ne chôme pas. Elu avec brio le 4 juillet dernier, le nouveau conseil municipal de 10 membres avait fait de la construction d'une nouvelle mairie un pari. Leurs adversaires, sceptiques, parlaient d'intoxication et de mensonge. Pour eux, une équipe qui vient de tenir deux élections en moins de quatre mois, ne peut pas se targuer d'entreprendre un chantier si coûteux.
C'était méconnaître les Tsembéhouens. Dans un passé récent, alors que l'île d'Anjouan était placée sous d'embargo international, les Tsembéhouens avaient, contre toute attente, cimenté plus de 80 % des routes et ruelles de la ville. Pas plus tard que l'année dernière, comme un seul homme, ils ont construit, en six mois, le réseau d'adduction d'eau de Hambajé. Le coût total des travaux du réseau est estimé à quelques 16 millions de nos francs, financés exclusivement par les habitants. Les réalisations communautaires à Tsembéhou sont multiples et variées. Parmi les plus spectaculaires figurent effectivement ce réseau d'adduction d'eau et la construction en 2001/2002 de six salles de classe à Hamoudou, grâce à un financement du FADC(4 salles) et du Projet Education III (2 salles). La participation communautaire pour la construction de cette école s'était élevée à 5 millions de francs.
C'est ce qui fait dire à certains observateurs que la communauté tsembéhouenne reste de loin l'une des plus actives d'Anjouan. Dans ces réalisations l'apport de la diaspora demeure considérable.
Quand on voit donc des volontaires, enthousiastes, s'adonnaient infatigablement aux travaux de construction de la mairie, on est convaincu que les Tsembéhouens ont décidé d'entrer dans ce IIIè millénaire par la grande porte.
Un symbole tombe
sembéhou est en train de vivre la phase la plus glorieuse de son histoire. Beaucoup de symboles auréolent cette période. Après les législatives et les municipalités qui ont porté au pouvoir une nouvelle équipe, le vendredi dernier, c'est un autre symbole de la répression qui vient de tomber. Le local qui a servi de prison ces huit dernières années est démoli. Sur les lieux sera érigé le bâtiment qui abritera les services de la Mairie. La nouvelle équipe autour du maire en a décidé ainsi. Un édifice moderne, flambant neuf, sera bâti dans les semaines à venir. Les travaux ont déjà commencé et évoluent parfaitement. 
Quoi de très intéressant que d'entendre des gens se rappeler, lors de la démolition de cette vieille bâtisse, d'un certain 14 juillet français : la prise de la Bastille. Certes la comparaison entre cet événement et la destruction d'une vieille gîte à Tsembéhou n'a rien de commun, mais s'ils sont évoqués c'est parce qu'ils sont chargés de symboles.
La gîte qu'on vient de détruire ( voir photo) a servi une demi-dizaine d'années durant de prison. De 1997 à 2001, les tristement célèbres milices « Embargo », pendant les premières heures de la sécession, avaient installé ici leurs bureaux. Ils y enfermaient les opposants, les matraitaient et parfois les torturaient. On ne quittait pas la prison sans avoir verser une amende fixée arbitrairement. Des milices s'étaient transformées en magistrat et jugeaient.
Un ancien ministre et un ancien député figuraient parmi les visiteurs qui avaient été invités à y subir un interrogatoire. Des prisonniers, ils étaient nombreux. Seulement faute d'archive, il est difficile de se faire une idée exacte du nombre de personnes qui ont senti, ne serait-ce que quelques heures, l'odeur acre et poussiéreux de cette prison.
De ces abus et de bien d'autres la population a tout pardonné. Et c'est dans une atmosphère bon enfant qu'on évoquait les noms de prisonniers célèbres.
Il convient de souligner que cette gîte était dans un état de dégradation avancé. Si on l'avait démoli, c'est parce qu'on ne pouvait le réhabiliter. Construit en 1967, ce local avait abrité un technicien vétérinaire de la SODEC. Au début des années 90, le Centre de Santé de Tsembéhou l'utilisait pour ses activités de planification familiale. La SNPT avait même installé une agence téléphonique. Tout dernièrement, le Croissant Rouge Comorien, section de Tsembéhou y avait ouvert un bureau qui cohabitait paradoxalement avec les milices.
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