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La situation se gâte à Anjouan

L'autre jour des barricades étaient dressées dans le Nyumakélé et sur le tronçon de route Tratringa –Bambao et M. Bacar a réagit avec une brutalité inouïe qui s'est soldée par un décès et plusieurs blessés à Ongoni. Une trentaine d'hommes et de femmes ont été arrêtés et persécutés. L'un d'eux M. Abdillah se trouve encore dans un état critique.

Les rebelles croient toujours que par la répression ils feront arrêter le combat pour l'unité, la justice et la démocratie.

Cependant les auteurs de ces actions ont choisi cette forme d'expression pour leur faire comprendre encore une fois que la population en a assez de la dérive dictatoriale de Bacar. La résistance s'organise contre le bafouement des libertés démocratiques, contre les arrestations arbitraires, les menaces et les intimidations qui sont monnaie courante.

Depuis le coup de force de Mohamed Bacar contre les institutions nationales, en juin dernier, l'île est entrée dans une escalade de violence exercée par le chef des rebelles et ses sbires. Alors que d'un autre côté les conditions de vie se détériorent : les salaires ne sont plus versés, le pétrole lampant introuvable, le gasoil manque et l'essence accuse déjà une pénurie. Un délestage éprouvant est pratiqué ces derniers jours par la Société d'électricité. Des conditions de vie devenues insupportables.

Au-delà de ces difficultés auxquelles il faudrait ajouter la répression aveugle il y a l'administration qui fonctionne au ralenti, l'économie en crise et la population qui continue à quitter Anjouan pour se rendre dans les autres îles sœurs de Mohéli, Ngazidja et Mayotte.

La population de l'île est en danger. Il faut très rapidement l'aider à se débarrasser de ces bourreaux, autrement le risque est grand de voir une insurrection générale avec toutes les conséquences que cela entraîne. Comme chacun le sait, ces milices de Mohamed Bacar n'hésiteront pas à tirer sur des civils pour protéger un chef fini, qui, se bat férocement avec la dernière énergie.

Abandonnés par la population, isolés sur le plan international, Mohamed Bacar et sa clique ne semblent pas prêts à baisser les bras. Pire encore les rebelles, ces fossoyeurs de la République , torturent dans les prisons et répriment férocement contre toute velléité de manifester.

Mettre fin à cette crise est une priorité pour les Comores. Car, à ne pas douter, cette rébellion anjouanaise constitue un obstacle majeur au décollage du pays. Elle reste l'obstacle majeur qui empêchera le pays de conclure avec le FMI le programme FRPC (facilité de réduction de la pauvreté et pour la croissance) dans le courant du 1 er semestre de cette année 2008.