Le Pr Ikililou parle du sida aux Comores
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- Créé le samedi 3 décembre 2011 10:38
- Écrit par Tsembehou Info
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"Il est inadmissible qu’on puisse mourir du SIDA aux Comores en 2011 alors que le dépistage est gratuit, le traitement par les ARV est gratuit et accessible à tous et que les médicaments contre les infections opportunistes sont aujourd’hui gratuits."
Des extraits du discours de Dr IKILILOU DHOININE, Président de l’Union des Comores, à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA
« L’Union des Comores à l’instar de tous les pays du monde célèbre aujourd’hui la 23ème journée mondiale de lutte contre le Sida.
Cette année l’objectif Zéro « Zéro nouvelle infection, Zéro discrimination et Zéro décès dû au SIDA » est retenu comme thème principal.
Mes Chers Compatriotes, A l’heure où le développement des connaissances sur le virus marque un nouveau tournant dans la lutte contre le SIDA.
Au moment où la recherche est arrivée à un niveau tel que l’interruption de la chaîne de transmission du virus est aujourd’hui possible comme en témoigne le thème de cette année ; le SIDA gagne malheureusement du terrain chez nous.
Il nous appartient donc maintenant de faire preuve de raison pour barrer la route au VIH et d’accepter celles et ceux qui, parmi nous, vivent avec le virus. Ne leurs tournons donc pas le dos.
Nous devons leurs témoigner solidarité et respect et je saisis cette occasion pour rappeler nos législateurs l’urgence de statuer sur le projet de loi pour la protection des PVVIH.
Ce dispositif contribuera à faire des Comores un pays sans stigmatisation et sans discrimination vis-à -vis de nos concitoyens porteurs du VIH.
Depuis 23 ans, le pays s’est engagé à faire de la lutte contre le SIDA une priorité nationale, c’est pourquoi :
• la lutte contre le SIDA s’est inscrite dans tous les documents stratégiques du pays notamment le DSRP, et une ligne budgétaire spécifique SIDA existe dans la loi de Finances depuis 2003 ;
• des structures sont mises en place pour permettre de mieux coordonner les interventions et briser le mur du silence ;
• des médecins référents, du personnel paramédical et du personnel de la société civile sont formés pour mieux assurer la prise en charge et la prévention ;
• des équipements sont fournis aux programmes insulaires, au laboratoire national et aux centres de dépistage anonymes et gratuits pour assurer les soins, les conseils, le suivi biologique et la coordination des interventions ;
• certaines organisations de la société civile sont équipées pour mieux assurer la sensibilisation, combattre les attitudes de déni et contribuer à faire reculer l’infection du VIH ;
• des documents qui fixent la stratégie et les orientations nationales de Lutte Contre les IST/VIH SIDA sont élaborés ;
• depuis 2006, l’enseignement du VIH est introduit dans le curricula scolaire ;
• les traitements antirétroviraux permettant d’éviter de bien plus lourdes pertes humaines sont rendus accessibles et gratuits depuis fin 2005 ;
• les sites de prévention de la transmission de la mère à l’enfant sont passés de 05 en 2006 à 14 en 2011.
• un numéro vert anonyme et confidentiel (le numéro 466) est crée pour permettre aux jeunes d’appeler gratuitement pour s’informer sur le VIH et j’en passe.
En outre, la tenue au Palais du Peuple de Moroni en 2007, du 6ème Colloque International de l’Océan Indien sur le VIH/SIDA témoigne de cet engagement de notre pays à faire de la lutte contre le SIDA une priorité nationale.
Aussi, le Gouvernement dont je coordonne les activités ne ménagera aucun effort pour faire du 11ème Colloque Océan Indien sur le VIH/SIDA qui aura lieu dans notre pays, un franc succès.
La surveillance de l’épidémie du VIH a débuté aux Comores en 1988 dès la notification du 1er cas.
Vingt trois années plus tard, le pays présente un profil épidémiologique peu actif, avec une basse prévalence estimée à 0,025%.
En effet, jusqu’en 2009, le pays enregistrait en moyenne 5 nouvelles infections par an. Toutefois, l’année dernière, nous avons constaté une augmentation exponentielle des cas avec 26 nouveaux cas enregistrés, rien que pour l’année 2010.
Pour cette année 2011, à la date d’aujourd’hui ,11 nouveaux cas sont déjà notés dans le fichier de la Direction de lutte contre le SIDA dont 4 cas de co-infection VIH/tuberculose, ce qui nous donne un total cumulé de 151 personnes connues positives au VIH depuis le début de la surveillance.
Les décès cumulés enregistrés à ce jour sont au nombre de 49. Nous avons 35 personnes sous file active et 20 personnes sont sous traitement ARV.
Cela nous rappelle que les efforts ne doivent pas être relâchés car le risque d’explosion subsiste dans notre pays et ce, en raison de plusieurs facteurs de vulnérabilités tels que la pauvreté favorisant une manifeste croissance de la prostitution occasionnelle.
Il y a également la prévalence élevée des infections sexuellement transmissibles, la faible utilisation du préservatif, le faible taux de dépistage, la précocité des rapports sexuels, la forte discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH et le fait que nous faisons partie de la région la plus touchée au monde par le VIH (Afrique sub-saharienne), pour ne citer que ces quelques facteurs.
Cet objectif zéro choisit comme thème cette année est bien à notre portée mais exige plus d’implication, d’engagement et de mobilisation.
Ce thème nous offre l’occasion de rappeler l’importance du leadership politique nécessaire pour remplir les engagements pris dans la riposte au SIDA.
L’implication effective de tout un chacun, des Ulémas, des leaders culturels et sportifs, de toute la société civile, du secteur privé et de tous les partenaires au développement est une condition essentielle du succès de cette bataille.
Nous devons, donc, nous mobiliser afin que la vie des personnes infectées et affectées soit meilleure, que soutien et amour leur soient apportés, que leurs droits soient respectés.
Cela, d’autant plus qu’aujourd’hui, le SIDA n’est plus une maladie mortelle mais plutôt à classer dans la rubrique des maladies chroniques.
Cependant, il est essentiel de prendre conscience de la nécessité pour chacun d’entre nous de connaître son statut sérologique à travers le réflexe du dépistage ce qui peut permettre d’adopter un comportement responsable.
Plus tôt on connaît son statut sérologique, plus précoce sera la prise en charge et meilleures seront les chances d’une vie normale.
Je considère qu’il est inadmissible qu’on puisse mourir du SIDA aux Comores en 2011 alors que le dépistage est gratuit, le traitement par les ARV est gratuit et accessible à tous et que les médicaments contre les infections opportunistes sont aujourd’hui gratuits.
Encore une fois, je le répète volontiers, toute activité de prévention commence par le DEPISTAGE. Allons-nous faire dépister, le test est gratuit sur l’ensemble du pays.
Peu d’études ont été réalisées dans notre pays et ceci a comme conséquence la méconnaissance de notre épidémie.
Aujourd’hui encore, dans notre pays, la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH existent toujours.
Le bilan biologique complet est difficilement réalisable sur place et la prise en charge nutritionnelle n’existe pas.
C’est pourquoi je le répète, l’engagement de tout un chacun, de toutes les couches sociales et de toutes disciplines dans la lutte contre cette maladie, constitue un gage de réussite… »


































































































































































