Les origines de Tsembéhou
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- Créé le lundi 22 août 2005 19:49
- Écrit par Tsembehou Info
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La légende disait que Tsembéhou est fondée à l'époque des Chiraziens, des arabes venus du Golfe Persique. Un groupe important de ces arabes ont sillonné l'île d'Anjouan. Dans la Cuvette, le convoi est passé par Chonkagé, lieu d'origine du village de Chandra, s'est dirigé ensuite vers le Nord- Ouest (Madzahani) avant de regagner Koni. Sur le chemin de retour, ils ont séjourné pendant trois jours à Drindri avant de venir s'installer à Tsembéhou. A l'époque, qui n'est pas précisée dans les différents documents consultés, la région était couverte par une forêt dense. Les Chiraziens se sont prélassés un bon moment sous un grand arbre à Hamoudou, au nord de l'actuelle ville. Ils avaient emmené un livre sacré. Au cours de leur pause, ils ont encastré le livre dans l'arbre en soulevant une partie de l'écorce, par inadvertance disent certains, délibérément croient d'autres.
Sous la direction de Cheik Manoufa, le convoi arabe s'est dirigé ensuite vers Mtsimbatsy où ils ont creusé la terre et enfoui un plateau (Patsou). Sous leur bénédiction, la petite plaine de Mtsimbatsy serait le grenier de toute l'île. C'est une zone bénie. Ils ont quitté la région en se frayant un chemin vers le col de Patsy. En quittant Hamoudou, Cheik Manoufa et ses hommes avaient oublié le livre sacré. Ils sont venus le rechercher, disent certains. D'autres expliquent qu'ils avaient laissé sur cet arbre ce livre sacré qu'ils avaient accroché sur ce grand arbre. Etait-ce ce convoi qui avait donné le nom de Tsembéhou. La légende n'indique pas si ces Chiraziens avaient laissé derrière eux des hommes et des femmes pour habiter ces zones explorées.
A Tsembéhou on raconte que l'origine du nom de la ville vient à partir de cette aventure. En comorien Hutsembéha (verbe) est le fait d'encastrer un objet sur le toit ou sur la paroi d'une case de façon à ce qu'une partie de cet objet soit visible. En ce qui concerne Tsembéhou, certaines sources affirment que les premières cases étaient installées à Hamoudou. Mais bien vite l'endroit s'était révélé hostile à l'habitat. Il s'est déplacé ensuite vers Chaouéni, là où est construite la mosquée de Vendredi. Il s'est progressivement développé pour prendre son envergure actuelle.
En réalité qui sont les premiers habitants de Tsembéhou ? Des Chiraziens ou des Bushmen ? La légende dit que les premières familles ayant habité Tsembéhou venait d'un groupe appelé NGOME, des Chiraziens descendants des Charifs de Moya (Aux Comores, les Charifs sont les descendants directs du prophète Mouhamad). Les musulmans ont-ils étaient alors les premiers habitants de Tsembéhou ? Ici comme un peu partout aux Comores des pratiques animistes et des danses d'origine africaines ont longtemps imprégné la vie sociale et culturelle de la population. Pour l'extension du village et pour l'agriculture les habitants défrichaient la forêt. Ils vivaient de l'agriculture et de la chasse. La vie autrefois était rythmée de chant, de danse et d'autres festivités. Aujourd'hui encore des vieillards se souviennent de la diversité des danses qui pour une occasion ou pour une autre faisait descendre la population sur la place publique. L'on dansait pour le début de la semence, au milieu et lors de la récolte. On dansait lors de mariages, des naissances et lors de fêtes foraines .
Tari La MKOKO: une danse organisée généralement à Dzia la Outsounga. Un lac qui se trouve au sud du village. Pour l'atteindre, le cortège doit parcourir plusieurs centaines de mètres et escalader une montagne, haute de quelques 500 m avant de descendre jusqu'au fond du lac. Dzia la Wutsunga est une petite cuvette dans la Cuvette. C'était, jusqu'à un passé récent, un lieu sacré et de magie. Ce fameux tari qui mobilisait tous les adultes était toujours organisés avant le semis et aussi avant la récolte des cultures des champs vivriers sarclés.
Une figure historique : Tumpa, le patriote
« Tsembéhou est une ville historique qui avait ses institutions et ses rois parmi lequel le sultan Tumpa ». Cette phrase vient du Gouverneur Anfane Mohamed. Il l'avait prononcée sur la véranda de la mosquée de Vendredi, devant une foule nombreuse, quelques jours seulement après son élection au poste de Gouverneur. Il était venu remercier la population de Tsembéhou. C'était au début des années 80.
Nous saisissons cette occasion de reprise des activités de Tsembehouinfo (Tinfo) pour vous parler de cet homme qu'on ne parle presque pas dans les manuels scolaires. Et pourtant il fut un grand patriote. Il a combattu pour la liberté, l'égalité et la justice. Epris d'idée de justice et d'égalité Tumpa est un révolutionnaire. Il avait voulu changer la société anjouanaise dominée par les Chiraziens. Il avait lutté contre l'esclavage. En 1771 Tumpa mobilisa plus de 7000 hommes. Armés de flèches et autres gourdins, ils attaquent le sultan de l'époque à Domoni et libéra les esclaves hommes et femmes à qui il proposa qu'ils nouent entre eux des liens de mariage. Son ultime combat est qu'Anjouan soit dirigée par un autochtone et non par un arabe venu d'ailleurs.
Nous vous faisons lire un document écrit par un notable de Mutsamudu M. Said Ahmed dans lequel il parle de Tumpa: « …Un autre prétendant au trône du Sultan, le fameux Tumpa de Bambao M'Trouni leva les armes contre le vieux sultan. Tumpa se disait descendant des anciens Fani, souleva la population Bushman contre les Arabes. Il considérait ces derniers comme des usurpateurs.
Il attaque Ahmed à l'improviste et pris Domoni. Cependant il n'osa faire du mal. Il se borna de prendre possession des armes du sultanat et retourna de Domoni à Bambao M'Trouni. C'était en 1775. il écrit à Mouculé Oiziri Abdallah, gouverneur de la ville de Mutsamudu lui disant qu'il a battu Ahmed et qu'il prit possession du trône de ses ancêtres. Il invitait en même temps Mouculé Oiziri Abdallah à se rendre à Bambao Mtrouni pour se soumettre. Sur le refus de celui-ci, Tumpa envoya son ministre auprès d'Abdallah. Le ministre avait mission au cas de nouveau refus d'informer Abdallah que Tumpa considère cette insistance comme une sorte de rébellion et qu'il sera poursuivi comme telle. Qu'au cas où les Arabes seraient battus les Bushmen seront considérés comme leur égaux, à tous les points de vue et ils auront droit à se marier avec les femmes arabes.
Abdallah s'opposa complètement à se soumettre et mis comme condition de son côté que les Bushmen au cas d'une victoire des Arabes seront considérés comme esclaves de ces derniers. Trois jours après, Tumpa investissait Mutsamudu avec ses soldats. Il y avait en rade de Mutsamudu un navire anglais. Abdallah ait obtenu du commandant du bateau anglais le débarquement de quelques marins. Tumpa en tête du commandement de son armée se fit porter sur le palanquin et le parasol rouge l'abritait. Quand sur les indications des chefs arabes, les marins anglais firent feu de leurs armes, le roi Bushman atteint d'une balle tomba de son palanquin inanimé. Les indigènes furent pris pour misérables tandis que les Wazoungou étaient considérés comme des êtres surnaturels. Et la peur finit par mettre le désordre complet dans l'armée Bushman qui battit en retraite en abandonnant au champ de bataille le corps de leur roi.
Abdallah les poursuit jusqu'à Bambao Mtrouni. Après les funérailles de Tumpa, il prononça un discours devant la population réunie rassurant celle-ci qu'il pardonnait tout et à tous. Il prit les Arabes et était allé à Domoni les remettre au Sultan Ahmed et après avoir mis l'ordre dans toutes les affaires du sultanat il revient à Mutsamudu. Le règne d'Ahmed dura 40 ans, période pendant laquelle révolte et assassinats politiques étaient monnaie courante. Avant Ahmed, il y avait Salim surnommé Toundra, la grenade. Très aimé dans l'île. Pendant son règne il n'y a eu presque pas de guerre. C'est le fils de sa sœur qui lui succéda au trône. Le Sultan Ahmed régna pendant 40 ans (1741-1782) le règne le plus mouvementé, marqué parfois par des soulèvements, attentats, incursions malgaches. Il fut aussi le dernier sultan qui régna à Domoni. Le sultan avait deux fils : Chéï Salim et Cheï Abdallah. Dès leur jeune âge, les deux enfants se comportaient comme des tyrans. Leur père les envoya alors le premier à Mutsamudu et le second à Ouani, auprès des gouverneurs pour être éduqués. Chéi Salim, l'héritier, fut assassiné à Mutsamudu. Pour le venger le roi Ahmed envoya plus de 1000 hommes armés à Mutsamudu. Ils furent battus.
Le gouverneur Mouculé Oizir Abdallah mobilisa ses hommes et entrepris la conquête de la ville de Domoni. Ne pouvant pas y pénétrer, ils l'assiégèrent pendant trois mois. Les portes ne leur étaient ouvertes qu'après la mort naturelle du Sultan. Abdallah, devenu roi régna 12 ans. De 1782 à 1788 et de 1792 à 1796. Sa petite fille Halima III avait régné pendant l'intervalle 1788-1792.






































































































































































